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Vacances, Aïd et… embouteillage

Service IA, Business News

Par Maya Bouallégui

Des heures perdues pour quelques kilomètres, une colère généralisée et une explication officielle qui peine à convaincre. En pleine semaine de vacances et à la veille de l’Aïd, les travaux de l’échangeur de Ben Arous ont transformé l’entrée sud de Tunis en véritable cauchemar. Un chaos largement prévisible.

Depuis le début de la semaine, rejoindre Tunis par son entrée sud relève de l’épreuve. Quelques kilomètres suffisent pour s’engluer dans des files interminables. Une heure, parfois davantage, pour franchir un point noir bien identifié : le chantier de l’échangeur de Ben Arous.

Les scènes se répètent, jour après jour. Moteurs à l’arrêt, files compactes, automobilistes à bout de nerfs. L’axe, déjà saturé en temps normal, s’est transformé en véritable entonnoir, paralysant l’un des principaux accès à la capitale.

Sur les réseaux sociaux, la colère ne tarde pas à éclater. Témoignages, vidéos, appels à éviter la zone : tous décrivent la même réalité, celle d’un trafic totalement asphyxié.

Entrée sud de Tunis, le 17 mars 2026 (Crédit photo : Info tRAFIC)
Un chantier nécessaire… mal programmé

Sur le plan technique, rien d’anormal. Le ministère de l’Équipement avait annoncé, dès le 11 mars, une déviation de la circulation à partir du 16 mars pour une durée initiale de dix jours. L’objectif : démolir un ancien pont dans le cadre du projet d’aménagement de l’entrée sud.

L’opération est jugée indispensable, mais c’est son calendrier qui pose problème.

Car cette semaine est loin d’être anodine. Elle correspond à l’une des périodes les plus sensibles de l’année : vacances scolaires, déplacements massifs et Aïd el-Fitr prévu demain vendredi 20 mars. Autant de facteurs qui augmentent mécaniquement le trafic, notamment sur l’autoroute A1 reliant Tunis au sud du pays.

Là où le ministère anticipait une baisse de circulation en milieu urbain, la réalité du terrain est tout autre : une explosion du trafic sur les axes de sortie et d’entrée de la capitale.

Le raisonnement qui ne tient pas

Le directeur général des ponts et chaussées, Khaled Latrach, a justifié ce choix en expliquant que les travaux ont été programmés en coordination avec la police de la circulation, précisément pendant les vacances scolaires, afin d’éviter les embouteillages.

Un argument qui, sur le papier, peut sembler logique.

Mais qui, dans les faits, révèle un décalage profond avec les usages réels.

Car si les routes urbaines se vident en période de vacances, les grands axes, eux, se saturent. Les Tunisiens se déplacent, quittent la capitale ou y reviennent. Et tous passent, ou presque, par cet axe stratégique de l’A1.

Résultat : une décision pensée pour fluidifier… qui produit exactement l’effet inverse.

Un rétropédalage révélateur

Face à l’ampleur du chaos, le calendrier initial n’a pas résisté longtemps. Prévus pour dix jours, les travaux ont finalement été ramenés à trois jours. Le chantier a d’ailleurs été arrêté jeudi 19 mars à partir de 4 heures du matin, pour reprendre après les fêtes de l’Aïd.

Un ajustement rapide, qui en dit long. Il confirme, en creux, que l’impact réel du chantier a été largement sous-estimé. Et que la pression des automobilistes, amplifiée par les réseaux sociaux, a fini par imposer une correction en urgence.

Les travaux étaient nécessaires. Personne ne le conteste. Mais leur programmation, elle, interroge.

Car ce qui s’est joué cette semaine n’est pas un simple problème de circulation. C’est une erreur d’appréciation. Une confusion entre trafic urbain et trafic national. Entre théorie administrative et réalité du terrain.

Et au final, des milliers d’automobilistes piégés dans un embouteillage que l’on aurait pu, sinon éviter, du moins anticiper.

Maya Bouallégui

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