Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Pénuries de médicaments : un plan d’urgence et des mesures structurelles pour sauver la Pharmacie centrale

Par Myriam Ben Zineb

Face aux tensions persistantes sur l’approvisionnement en médicaments, le ministère de la Santé a annoncé une série de mesures à la fois urgentes et structurelles visant à rétablir la situation financière de la Pharmacie centrale de Tunisie et à sécuriser l’accès aux traitements essentiels.

Dans une réponse adressée à la députée Hela Jaballah, qui avait interpellé le gouvernement sur la disparition de plusieurs médicaments vitaux, le département a détaillé un dispositif reposant d’abord sur des mesures conjoncturelles. Celles-ci incluent notamment des injections directes de liquidités par le ministère des Finances, ainsi qu’un effort pour régulariser les transferts de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). L’objectif est clair : apurer plus rapidement les dettes accumulées auprès des fournisseurs étrangers et rétablir un rythme normal d’approvisionnement.

Une situation critique pour les patients

La situation actuelle est particulièrement critique, marquée par des pénuries de médicaments essentiels, notamment pour les patients atteints de cancer. Sont également concernés les antalgiques puissants de troisième palier, les dérivés morphiniques, ainsi que les médicaments indispensables au suivi des greffes d’organes. Autant de pénuries qui exposent les malades à des risques sanitaires graves et accentuent la pression sur le système de santé.

Des ajustements inscrits dans la Loi de finances

Au-delà de l’urgence, le ministère met en avant l’introduction d’un levier structurel à travers l’article 18 de la loi de finances 2026. Cette disposition prévoit la mobilisation de ressources supplémentaires issues du compte de diversification des sources de la sécurité sociale, afin de financer l’acquisition de médicaments spécifiques, en particulier ceux liés aux traitements lourds comme le cancer ou les transplantations.

Coordination gouvernementale et financement renforcé

Le ministère de la Santé affirme travailler de concert avec les départements des Finances et des Affaires sociales pour garantir la continuité de l’approvisionnement. L’enjeu est aussi de consolider durablement le modèle de financement de la Pharmacie centrale, considérée comme un maillon stratégique dans la chaîne d’accès aux médicaments au sein des établissements publics.

Dans ce cadre, une enveloppe budgétaire de quinze millions de dinars par an a été allouée aux structures sanitaires régionales. Cette mesure vise à améliorer la disponibilité des médicaments essentiels et à optimiser leur distribution, en particulier dans les régions où les services de santé sont fortement sollicités.

Vers une meilleure gouvernance du médicament

Enfin, le ministère annonce un virage vers une gestion plus efficiente de la consommation des médicaments. Celle-ci repose sur le déploiement de systèmes d’information avancés et sur la mise en place, en cours, d’une plateforme « e-pharmacie ». Ce dispositif devrait permettre un suivi précis des niveaux de consommation, tout en renforçant la transparence et la gouvernance dans la gestion des stocks au sein des établissements de santé.

À travers cet ensemble de mesures, les autorités tentent de répondre à une crise devenue structurelle, où les enjeux financiers, logistiques et sanitaires s’entrecroisent, avec en toile de fond une exigence croissante : garantir aux patients un accès continu et sécurisé aux traitements indispensables.

M.B.Z

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *