Dans une atmosphère lourde de silence et d’émotion, la famille du journaliste Mourad Zeghidi a célébré, cette année, l’Aïd Esseghir aux abords de l’établissement pénitentiaire où il est détenu.
Privés de sa présence en ce jour de fête, ses proches ont choisi de se rassembler devant les murs de la prison de la Mornaguia, transformant ce moment de joie habituellement partagé en un instant de recueillement empreint de gravité. Entre prières murmurées et regards tournés vers l’enceinte carcérale, la célébration s’est faite discrète, marquée par l’absence et l’attente.
La famille a tenu à maintenir ce rituel symbolique, comme pour signifier que, malgré l’épreuve, le lien demeure intact. L’Aïd, fête de retrouvailles et de pardon, s’est ainsi chargé d’une dimension particulière, oscillant entre espoir et douleur.

Le journaliste est incarcéré depuis le 11 mai 2024. Sa famille et ses proches dénoncent une incarcération injuste et injustifiée, considérant qu’elle constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse.
Il a été condamné à huit mois de prison le 26 juillet 2024, en vertu du décret-loi 54, à la suite de déclarations faites dans le cadre de son travail journalistique et de l’expression de ses opinions.
À l’issue de cette peine, il n’a toutefois pas été libéré. Il est resté en détention avant d’être à nouveau jugé le 22 janvier 2026, écopant cette fois d’une peine de trois ans et demi de prison pour des accusations de blanchiment d’argent. Ses proches affirment que ces accusations ont été retenues sans qu’aucune preuve ne soit présentée, malgré plusieurs mois d’enquête.
Aujourd’hui, Mourad Zeghidi et sa famille attendent l’examen en appel de ce jugement, dans l’espoir que son innocence soit reconnue et qu’il soit finalement libéré.
N.J












