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Arabie saoudite : une Tunisienne interpellée après la diffusion d’une vidéo critique des abords de la Kaaba

Par Nadya Jennene

Une vidéo qui dérange — et qui pourrait lui avoir coûté sa liberté. Une ressortissante tunisienne aurait été interpellée en Arabie saoudite après avoir diffusé des images montrant l’état dégradé de certains quartiers aux abords de la Kaaba, l’un des lieux les plus sacrés de l’islam.

Dans la séquence, largement relayée sur les réseaux sociaux, la pèlerine filme des zones qu’elle décrit comme insalubres et délabrées. Le contraste est saisissant : à quelques mètres du faste et de l’entretien irréprochable des espaces religieux, des rues laissées à l’abandon. Indignée, elle commente, s’interroge et dénonce ce qu’elle perçoit comme une disparité choquante entre le soin accordé aux lieux de culte et les conditions de vie dans leur immédiate proximité.

La vidéo prend une autre dimension lorsqu’elle évoque le coût du visa d’entrée en Arabie saoudite — environ 300 euros par personne, selon ses dires — qu’elle met en regard avec la réalité qu’elle dit avoir constatée sur place. Une remarque qui, elle aussi, a largement circulé en ligne.

Selon une publication Facebook du président de l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, Mustapha Abdelkebir, la Tunisienne aurait été interpellée peu après la diffusion de la vidéo, puis placée en détention. Dans son post publié lundi 23 mars 2026, il évoque des « sources bien informées », sans fournir davantage de précisions sur les circonstances de cette arrestation.

À ce stade, les autorités saoudiennes n’ont émis aucune communication officielle. Le flou persiste donc autour de cette affaire, qui continue de susciter interrogations et réactions sur les réseaux sociaux.

N.J

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2 commentaires

  1. HatemC

    Répondre
    24 mars 2026 | 11h27

    Un minimum de curiosité intellectuelle aurait sans doute évité à cette pèlerine un « faux pas » numérique aux conséquences lourdes.

    En s’indignant de l’état des abords de la « maison de Dieu », elle a posé un regard émotionnel et superficiel sur une situation qui est purement logistique et évolutive. Ce qu’elle a pris pour un abandon est en réalité l’étape nécessaire d’une métamorphose radicale.
    Ce qu’elle a filmé et interprété comme du délabrement ou de l’abandon est en réalité l’épicentre de l’un des plus vastes chantiers de rénovation urbaine au monde … sous l’impulsion de la Vision 2030

    Manifestement elle ignorait cela … En somme, sa vidéo est le reflet d’une méconnaissance des enjeux de Vision 2030 …

    L’Arabie Saoudite n’a pas choisi de réparer des rues vétustes, mais de les raser pour bâtir une cité capable d’accueillir 30 millions de pèlerins.

    L’indignation de cette dame est un anachronisme. Elle a dénoncé une « maison de Dieu » en mauvais état alors qu’elle se trouvait dans le plus grand atelier de rénovation du monde islamique, tout en oubliant que sa propre « maison » (Tunis) nécessite une attention bien plus urgente et désespérée.

  2. HatemC

    Répondre
    24 mars 2026 | 11h03

    Entre « buzz » facile et méconnaissance du terrain
    Il y a une forme d’ironie, pour ne pas dire une hypocrisie flagrante, dans le témoignage de cette pèlerine.
    Sa réaction soulève une question fondamentale sur la légitimité de la critique … peut-on décemment dénoncer la paille dans l’œil du voisin quand on ignore la poutre qui obstrue le nôtre ?

    Avant de pointer du doigt les chantiers de La Mecque, cette dame aurait gagné à porter le même regard clinique sur sa propre capitale Tunis.
    Si elle s’était promenée dans les rues adjacentes de l’avenue Habib Bourguiba, elle y aurait vu un spectacle bien plus désolant que celui qu’elle feint de découvrir en Arabie saoudite.

    À Tunis, derrière la vitrine de l’avenue principale, le délabrement est structurel et semble sans issue

    Le patrimoine Art Déco à l’agonie …
    Les immeubles historiques de l’époque coloniale, autrefois joyaux d’architecture, tombent littéralement en ruine, menaçant de s’effondrer sur les passants.

    L’insalubrité urbaine :…
    Il suffit de s’éloigner de quelques mètres des axes officiels pour trouver des amoncellements de déchets et des infrastructures totalement négligées.

    S’attaquer à un pays hôte qui nous reçoit pour un rite sacré alors que son propre pays souffre de maux identiques — sinon pires — relève au mieux d’une méconnaissance crasse, au pire d’une recherche de « buzz » facile au détriment de la reconnaissance due à l’hôte.
    Il appartient aux Saoudiens, et à eux seuls, de demander des comptes à leur administration sur la gestion de leur territoire … HC

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