Des pierres lancées en pleine nuit, un bus rempli de passagers pris pour cible et un chauffeur contraint de manœuvrer pour éviter le pire : la scène s’est produite durant les vacances de l’Aïd Esseghir, lorsque deux bus neufs de la Société nationale de transport interurbain (SNTRI) ont été attaqués sur les lignes Tunis–Zarzis et Tunis–Djerba. En pleine période de fête, censée être marquée par les déplacements familiaux, ces agressions illustrent la montée préoccupante des violences visant le transport public. Avec 150 attaques recensées en un seul mois, ce phénomène semble franchir un nouveau cap en Tunisie.
L’administrateur délégué de la Société nationale de transport interurbain (SNTRI), Chamseddine Toumi, est revenu, lundi 23 mars 2026, sur les circonstances de l’attaque dans une interview téléphonique sur l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, animée par Hatem Ben Amara, livrant un récit détaillé de ces incidents et alertant sur la recrudescence des agressions visant les bus en Tunisie.
Deux attaques simultanées contre des bus neufs
Selon Chamseddine Toumi, les faits se sont produits dans la nuit du 21 au 22 mars 2026, soit durant le troisième jour de l’Aïd. Deux bus récemment mis en circulation ont été ciblés presque simultanément : l’un sur la ligne Tunis–Zarzis, l’autre sur la ligne Tunis–Djerba.
Ces véhicules font partie d’un lot récent de nouveaux bus intégrés dans le cadre du renouvellement de la flotte de la SNTRI. L’intervenant a rappelé qu’à peine dix jours auparavant, la société annonçait l’entrée en exploitation de 48 nouveaux bus, destinés notamment à renforcer les liaisons interurbaines et internationales, notamment avec l’Algérie.
« Aujourd’hui, malheureusement, nous parlons d’un phénomène inverse : des agressions qui ciblent précisément ces nouveaux bus », a-t-il déploré.
Une attaque violente évitée de justesse
D’après les éléments rapportés par l’animateur Hatem Ben Amara, l’un des bus a été la cible d’une attaque à coups de pierres par un groupe d’individus, dans ce qui s’apparente à une tentative de braquage.
Le pare-brise avant a été violemment endommagé, tandis que les agresseurs ont continué à lancer des projectiles sur le véhicule en mouvement. Le bus transportait 53 passagers au moment des faits.
La réactivité du chauffeur a permis d’éviter un drame. Ce dernier est parvenu à garder le contrôle du véhicule et à manœuvrer pour esquiver les projectiles, empêchant ainsi un accident potentiellement grave.
« Sans son sang-froid, le bus aurait pu déraper ou se renverser », a souligné l’animateur, évoquant une situation qui aurait pu tourner à la catastrophe.
Des dégâts matériels coûteux
Chamseddine Toumi a détaillé les coûts engendrés par ce type d’attaques, en distinguant les dégâts visibles et les pertes indirectes.
Le remplacement du pare-brise avant d’un bus neuf coûte à lui seul environ 5.000 dinars. Les vitres latérales, selon leur type, varient entre 2.500 et 3.500 dinars, tandis que la vitre arrière peut atteindre 4.000 dinars.
À ces coûts s’ajoute l’immobilisation du véhicule, généralement pendant deux jours pour réparation, ce qui représente une perte estimée à au moins 2.000 dinars.
Par ailleurs, la mobilisation d’un bus de remplacement pour assurer la continuité du service engendre des coûts logistiques supplémentaires.
« Tout cela est supporté par la collectivité nationale. Ce sont des fonds publics qui auraient dû servir à améliorer le service, pas à réparer des actes de vandalisme », a-t-il insisté.
150 agressions en un mois : un chiffre alarmant
Au-delà de ces deux incidents, le responsable a révélé un chiffre jugé particulièrement préoccupant : 150 agressions contre des bus ont été enregistrées durant le seul mois de ramadan, soit une moyenne de cinq attaques par jour.
Un constat qui dépasse la seule question matérielle.
« Ce qui ne se chiffre pas, c’est l’impact sur les citoyens : un malade qui ne peut pas se rendre à l’hôpital, un travailleur qui rate son emploi… C’est une atteinte directe à leurs droits », a-t-il expliqué.
Enquête en cours et avancées significatives
Concernant les investigations, Chamseddine Toumi a salué la rapidité d’intervention des forces de sécurité et de la justice, indiquant que des avancées importantes ont déjà été réalisées.
Sans entrer dans les détails, il a évoqué des pistes impliquant à la fois des mineurs et des adultes, précisant que les responsabilités seront établies une fois l’enquête finalisée.
« Il s’agit d’une atteinte au bien public, au patrimoine de tous les Tunisiens. La loi prendra son cours », a-t-il affirmé.
La SNTRI maintient ses services malgré les risques
Malgré ces incidents, la SNTRI assure la continuité de ses activités. La veille de l’incident, dix voyages de nuit ont été assurés depuis Djerba, tous arrivés à destination sans incident.
Au total, 150 dessertes ont été effectuées en 24 heures durant cette période de forte affluence liée au retour de l’Aïd.
Chamseddine Toumi a également rappelé que la société poursuit son programme de modernisation avec un objectif de 250 nouveaux bus pour renforcer la flotte nationale.
Il a tenu à saluer le professionnalisme des conducteurs, soulignant leur rôle déterminant dans la gestion de ce type de situations à risque.
« Une attaque contre tous les Tunisiens »
Tout au long de l’entretien, un message central a été martelé : ces actes ne visent pas uniquement une entreprise publique, mais l’ensemble des citoyens.
« Ce sont des biens appartenant à tous les Tunisiens. Les attaquer, c’est porter atteinte au service public et au droit des citoyens à se déplacer en sécurité », a conclu le responsable.
Un constat partagé par l’animateur, qui a dénoncé des actes sans justification, appelant à une réponse ferme des autorités pour protéger les infrastructures publiques et garantir la sécurité des usagers.
I.N.











3 commentaires
EL OUAFI
Inadmissible,condamnable des actes de ce genre d’incivilité doivent être poursuivi en justice et les auteurs,porteront l’entière responsabilité à savoir indemnisations des préjudices et des lourdes sanctions pénales.
Pour éradiquer ce fléau qui pourrait perdurer il faut instaurer une politique de dissuasion des agents accompagnant les bus avec moyens en outre des caméras pour faciliter les recherches.
Plus, ces adultes accompagnateurs des vandales pour des hypothétiques braquages,la sanction doit être fortement alourdit et chercher ceux qui sont derrière ces derniers.
Citoyen_H
QUOI DE NEUF DOCTEUR ?
Quoi ?
La SNTRI face à 150 incidents en un mois !
Rien que ça. Il n’y a pas de quoi s’alarmer, ni de quoi s’inquiéter.
Tout va très bien.
Ceux qui n’ont pas encore quitté l’arbre pour s’installer sur le dur, continuent à faire du très bon boulot.
Ils n’ont pas besoin d’encouragements. Leur spontanéité, quand il s’agit de détruire, est légion.
Révolution des jasmins.
Ben voyons.
À ce jour, je n’ai toujours pas réussi à faire le lien, entre la puanteur d’une bonne partie de ceux qui peuplent notre NATION et qui n’arrêtent pas de nous pourrir la vie, avec l’enivrante et divine odeur du jasmin.
Machallah !
Avec son laxisme latent, l’État est en train de finaliser la plus grande œuvre des gardiens d’étables et d’écuries.
Il fait tout pour accélérer sa propre destruction.
zaghouan2040
Ce vandalisme persistant et généralisé sur tout le territoire n’est peut être pas une tentative délibérée de troubles a l’ordre public
Il reflète un état d’esprit nihiliste et désespéré envers l’Etat et toutes ses formes un peu comme les violences dans les stades du temps de la fin de l’époque ben ali