L’Agence internationale de l’énergie (AIE) se prépare à une éventuelle intervention sur les marchés pétroliers. Son directeur exécutif, Fatih Birol, a indiqué, lundi 23 mars 2026, que l’institution mène actuellement des consultations avec plusieurs gouvernements en Asie et en Europe en vue d’un possible recours aux stocks stratégiques, si la situation venait à se détériorer davantage.
Ces déclarations ont été faites devant le National Press Club à Canberra, en Australie, au début d’une tournée internationale, alors que les tensions liées à la guerre en Iran pèsent sur les équilibres de l’offre mondiale.
Fatih Birol a précisé que l’AIE « est en discussion avec des gouvernements » et pourrait agir « si nécessaire », laissant entendre qu’une réponse coordonnée reste à l’étude pour contenir les perturbations en cours.
Surtout, le responsable a livré une évaluation particulièrement préoccupante de la situation actuelle, estimant qu’elle pourrait s’avérer « plus grave que les chocs pétroliers des années 1970 ». Une comparaison lourde de sens, qui renvoie aux crises de 1973 et 1979, ayant profondément marqué l’économie mondiale et redéfini les politiques énergétiques des grandes puissances.
Selon les éléments rapportés par les agences internationales, les perturbations liées au conflit en cours pourraient entraîner des pertes d’approvisionnement d’une ampleur inédite, alimentant les craintes d’un déséquilibre durable du marché pétrolier.
Dans ce cadre, le recours aux réserves stratégiques apparaît comme un instrument clé pour tenter de stabiliser les prix et garantir un minimum de sécurité énergétique. L’AIE, qui coordonne historiquement ce type de réponses entre pays consommateurs, semble ainsi se tenir prête à activer ce levier en cas d’aggravation de la crise.
Les marchés restent, pour leur part, suspendus à l’évolution de la situation géopolitique, dont les répercussions pourraient redessiner durablement les flux énergétiques mondiaux.
M.B.Z











