À l’occasion de la célébration de l’Aïd Esseghir, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, a reçu lundi 23 mars 2026 au palais du Bardo les vœux des députés, cadres et agents de l’institution parlementaire, dans une atmosphère institutionnelle somme toute classique.
Mais au-delà des échanges de courtoisie et des félicitations d’usage, c’est surtout le message porté par le président du Parlement qui a retenu l’attention.
Brahim Bouderbala a en effet insisté sur le rôle de l’Assemblée, appelée selon lui à être « à la hauteur des attentes du peuple tunisien ». Une ambition que peu contesteraient sur le principe, tant elle relève de l’évidence institutionnelle.
Là où le propos devient plus intéressant, c’est lorsqu’il se projette vers l’avenir. Le président du Parlement s’est dit confiant, évoquant un futur « porteur d’espoir et de sérénité », porté par un processus de construction nationale qui avancerait « à pas sûrs », avec pour horizon rien de moins que l’accession de la Tunisie au rang des pays développés : « L’avenir est porteur d’espoir et de sérénité, dans la mesure où le processus de construction engagé par le pays avance à pas sûrs et est de nature à hisser la Tunisie au rang des pays développés, malgré les pressions et des choix fondés sur le refus de toute forme de domination ».
Un optimisme assumé, revendiqué donc même, malgré « les pressions » et des choix politiques présentés comme garantissant l’indépendance nationale.
Dans la même veine, Brahim Bouderbala a exprimé sa conviction que l’Assemblée poursuivra son « rayonnement positif » à travers tout le pays.
Des déclarations qui n’ont pas manqué de faire réagir, certains observateurs s’interrogeant, non sans une pointe d’ironie, sur la source de cet élan d’assurance et de ces projections résolument lumineuses.
Car si l’exercice des vœux appelle traditionnellement à l’espoir, il n’en demeure pas moins que cet optimisme sans aspérité, affiché avec une telle sérénité, tranche avec une réalité nationale souvent décrite dans des termes nettement plus… nuancés.
À défaut de convaincre, il aura au moins eu le mérite d’alimenter les commentaires — et, pour certains, de susciter une curiosité sincère quant à ces « énergies positives » qui semblent circuler, à huis clos, dans les couloirs du Bardo.
R.B.H










