Un coup de filet judiciaire a visé récemment des figures de la Flottille Soumoud. Plusieurs activistes se retrouvent aujourd’hui derrière les barreaux, visés par des mandats de dépôt émis dans le cadre d’une enquête du pôle judiciaire financier. Sont concernés notamment : Wael Naouar, Nabil Chennoufi, Mohamed Amine Bennour, Ghassen Boughdiri, Ghassen Henchiri et Jawaher Channa.
Face à cette escalade, la riposte s’organise. Réunie jeudi 26 mars 2026 au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens, la Coordination tunisienne de la Flottille Soumoud a officialisé sa transformation en cadre civil et politique indépendant. Objectif affiché : fédérer les forces progressistes, défendre les activistes détenus et contrer ce qu’elle qualifie de tentative de criminalisation du soutien à la cause palestinienne.
Un flou autour de l’enquête
Mais autour de cette affaire, le flou reste total. Aucune précision n’a été fournie ni sur les charges retenues ni sur le déroulement de l’enquête. Un silence qui alimente les interrogations, d’autant que les arrestations interviennent dans un climat déjà tendu.
Retour en arrière : dans la nuit du 4 mars 2026, un important dispositif sécuritaire est déployé au port de Sidi Bou Saïd. Des militants de la Coordination, venus rendre hommage aux travailleurs du port après avoir obtenu des accords préliminaires, se retrouvent confrontés à une mobilisation policière inattendue. Un épisode qui marque un tournant.
Pour la Coordination, les arrestations actuelles ne sont pas anodines. Elles traduisent, selon elle, un « choix politique assumé » et ouvrent la voie à une criminalisation du militantisme pro-palestinien. En ligne de mire également : les campagnes de désinformation qui, selon ses membres, accompagnent cette affaire.
La Coordination contre-attaque et appelle à la mobilisation
Les militants pointent aussi le succès grandissant de la flottille, présentée comme un mouvement populaire et international autonome, qui aurait mis en lumière « l’inaction et la complicité » face à la cause palestinienne — une visibilité qui expliquerait, en partie, les pressions actuelles.
La Coordination ne compte pas en rester là. Elle exige la libération immédiate des détenus et relance son appel à criminaliser toute forme de normalisation avec l’occupant israélien.
Dans l’immédiat, la mobilisation se poursuit sur le terrain. Une marche nationale est annoncée pour le 28 mars à Tunis, à l’occasion de la Journée de la Terre. Un autre rendez-vous est déjà fixé au 4 avril, dédié cette fois au soutien aux activistes emprisonnés.
N.J












