Le président du Syndicat des agriculteurs de Mahdia, Mohamed Ali Helouas, est intervenu vendredi 27 mars 2026 sur Jawhara FM afin d’éclairer les causes profondes de la pénurie actuelle de viandes blanches, en apportant une lecture à la fois technique et structurelle de la situation.
Selon lui, le facteur déterminant réside dans un déficit critique en vaccination au sein de la filière avicole. Il a pointé une défaillance dans la planification et l’approvisionnement en vaccins par les structures centrales, lesquelles n’auraient pas programmé à temps l’importation des doses nécessaires.
Or, d’un point de vue zootechnique et sanitaire, la vaccination constitue un levier essentiel de protection du cheptel avicole contre les pathogènes infectieux. L’absence ou l’insuffisance de couverture vaccinale a fragilisé l’immunité collective des élevages, augmentant mécaniquement les risques de morbidité, de mortalité et, par conséquent, de contraction de l’offre.
À ce premier facteur s’ajoute, selon Helouas, une perturbation de la biosécurité du secteur, liée notamment au phénomène de contrebande anarchique de reproducteurs avicoles en provenance de l’Algérie. Cette introduction non contrôlée d’animaux constitue, sur le plan épidémiologique, un vecteur majeur de diffusion d’agents pathogènes. Elle compromet les protocoles de quarantaine et de traçabilité, pourtant indispensables pour maintenir un niveau de sécurité sanitaire optimal dans les chaînes de production.
L’intervenant a également insisté sur la nécessité d’une régulation stricte des flux d’importation et d’un encadrement rigoureux des pratiques d’élevage, afin de restaurer l’équilibre entre l’offre et la demande. En dépit des tensions observées, il estime que le déficit actuel sur le marché demeure relativement contenu, de l’ordre de 10% par rapport aux niveaux habituels.
Sur le plan des prix, Helouas a relevé une disparité notable entre les produits réglementés et ceux soumis aux fluctuations du marché. Ainsi, le prix du poulet prêt à cuire reste encadré dans la région du Sahel, avoisinant 8,5 dinars. En revanche, les découpes (escalopes, filets) échappent à ce plafonnement et enregistrent des hausses jugées « excessives », atteignant jusqu’à 15 dinars pour certaines pièces et dépassant les 18 dinars pour l’escalope.
Le responsable a évoqué des signaux récents d’amélioration, avec une baisse d’environ 10% des prix du poulet vivant observée la veille, ce qui pourrait amorcer une détente progressive du marché.
Rappelant que les prix demeurent intrinsèquement volatils, en raison de la variabilité des intrants (aliments composés, énergie, poussins), Mohamed Ali Helouas a indiqué qu’un retour graduel à l’équilibre pourrait être observé les prochaines semaines, sous réserve d’un rétablissement des chaînes d’approvisionnement en intrants sanitaires et d’un renforcement des dispositifs de contrôle aux frontières.
N.J










