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Congrès de l’UGTT : sécurité renforcée, tensions internes et duel électoral décisif

Par Nadya Jennene

Le 26ᵉ congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), réuni à Monastir, a connu de nouveaux développements marquants le 26 mars 2026, à la veille de l’élection de la nouvelle direction syndicale. Entre mesures de sécurité exceptionnelles, vives tensions internes et affrontement électoral, la centrale syndicale traverse l’une des séquences les plus sensibles de son histoire récente.

Invité sur Jawhara FM vendredi 27 mars 2026, le journaliste spécialisé Sofien Lassoued a détaillé les faits saillants de cette journée charnière.

Un dispositif sécuritaire inédit autour du congrès

Fait inédit, l’accès à l’hôtel abritant le congrès a été strictement verrouillé lors de la deuxième journée. Contrairement au premier jour, les portes ont été fermées hermétiquement, avec un important renforcement du dispositif de sécurité.

Selon Sofien Lassoued, un tracteur agricole a même été utilisé pour bloquer l’entrée principale, afin d’empêcher toute intrusion des syndicalistes opposants. Cette mesure fait suite à la présence, la veille, de membres de l’opposition syndicale dans l’enceinte de l’établissement, où ils avaient manifesté pacifiquement.

Vives altercations autour de la validité des mandats

À l’intérieur de la salle, la journée a été marquée par une altercation particulièrement tendue impliquant Farouk Ayari, responsable du règlement intérieur, Jabrane Bouraoui, secrétaire général de l’Union régionale du travail de Tunis, et Walid Aouini, président de la commission de vérification des mandats.

Au cœur de la controverse : des accusations de fraude et de contestation de certains mandats de délégués. Des échanges virulents, allant jusqu’aux insultes, ont provoqué un moment de désordre et de tension dans la salle, avant que le calme ne soit rétabli et que les travaux ne reprennent normalement.

Plusieurs recours avaient été introduits, notamment par des représentants de l’enseignement secondaire et d’autres secteurs. Toutefois, selon la commission compétente, l’ensemble des mandats a été jugé conforme, et tous les recours ont été rejetés. Un procès-verbal a été signé par plus de quarante membres de la commission pour entériner ces conclusions.

Une légitimité votée pour la première fois

Autre fait notable de ce congrès : la tenue, dès le premier jour, d’un vote inédit sur la légitimité même du congrès. À l’initiative de Noureddine Taboubi, les congressistes ont été appelés à se prononcer sur la légalité de la tenue de cette session.

Une large majorité — plus de 500 délégués — a validé la légitimité du congrès, contre 16 opposants et 3 abstentions. Une démarche sans précédent dans l’histoire de l’UGTT depuis sa création en 1946, visant à consolider la base juridique et politique des travaux en cours.

Dernière ligne droite avant l’élection

La journée du 27 mars marque l’ultime étape avant le scrutin destiné à désigner la nouvelle direction. Avant le vote, les congressistes doivent encore adopter les rapports moral et financier, puis écouter les réponses des membres du bureau exécutif sortant — certaines interventions s’annonçant particulièrement critiques, notamment de la part des non-candidats.

La bataille électorale se structure principalement autour de deux grandes listes.

La première, baptisée « liste de la stabilité et du défi », est conduite par Salah Eddine Selmi, membre du bureau exécutif. Elle regroupe plusieurs figures influentes du paysage syndical et bénéficie, selon le journaliste, d’un soutien notable au sein des structures régionales et sectorielles.

Face à elle, une seconde liste menée par Farouk Ayari rassemble également plusieurs cadres syndicaux, dont certains membres sortants du bureau exécutif.

Malgré la présence de candidatures individuelles, la compétition devrait essentiellement se jouer entre ces deux blocs.

Un scrutin sous haute incertitude

Si une certaine dynamique semble favorable à la liste conduite par Salah Eddine Selmi, l’issue du vote demeure incertaine. « Nous sommes face à un congrès imprévisible, hors normes, ‘fou’ », analyse Sofien Lassoued, évoquant un scrutin ouvert à tous les scénarios.

Dans un contexte de fortes tensions, de recompositions internes et d’enjeux stratégiques majeurs, ce congrès s’impose comme un tournant décisif pour l’avenir de l’UGTT. Les résultats, attendus à l’issue des travaux, devraient redessiner en profondeur les équilibres au sein de la centrale syndicale.

N.J

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