Près de 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers sont produites chaque année en Tunisie — un chiffre vertigineux qui illustre l’ampleur du défi environnemental auquel le pays est confronté. C’est ce qu’a révélé, vendredi 27 mars 2026, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, lors d’une séance plénière au Parlement.
Si ces quantités considérables sont bien collectées et transportées par les municipalités — à l’aide de 3.420 engins —, le constat dressé par le ministre de l’Environnement laisse entrevoir les limites structurelles d’un système sous tension.
En mettant en avant les décharges contrôlées comme solution centrale pour endiguer les dépotoirs anarchiques, le ministre semble s’en tenir à une approche essentiellement curative, sans répondre pleinement aux enjeux de réduction ou de valorisation des déchets.
Le dispositif actuel, qui repose sur 17 décharges contrôlées — dont onze relevant de l’Agence nationale de gestion des déchets et six sous la responsabilité des collectivités locales —, affiche une capacité globale de 2,8 millions de tonnes, soit un volume inférieur à la production annuelle nationale.
Un modèle sous pression et des responsabilités floues
Un décalage qui interroge sur la soutenabilité du modèle en place. Plus encore, en précisant que son département se limite à la réception et à l’orientation des déchets, le ministre acte, de fait, une répartition des responsabilités qui laisse les municipalités en première ligne, sans pour autant clarifier les mécanismes de coordination ou de soutien.
À l’échelle individuelle, le chiffre avancé — entre 800 grammes et un kilogramme de déchets produits quotidiennement par chaque citoyen — est invoqué pour illustrer l’ampleur du défi. Mais il tend également à déplacer le débat vers les comportements des citoyens, au risque d’éclipser les insuffisances des politiques publiques en matière de tri, de recyclage ou d’économie circulaire.
D’ailleurs, Habib Abid a appelé les députés à appuyer les efforts de son ministère, pointant du doigt un obstacle majeur : la réticence des citoyens à accueillir des infrastructures liées aux déchets. « Les citoyens refusent déjà la présence de déchets devant leurs domiciles ; qu’en est-il alors des centres de transfert ? », a-t-il interrogé, soulignant que cette opposition constitue un frein considérable à la mise en œuvre des projets environnementaux.
N.J











Commentaire
Citoyen_H
LE PAYS,
a pris tellement de retard, avec le passage au pouvoir des gardiens d’étables et des résidents permanents des écuries d’Augias, qu’il est presque impossible que la NATION retrouve son dynamisme pré-coup d’État de 2011.
Rajoutez à cela, le raz de marée de l’exode rural qui s’ensuivit, je suis de plus en plus persuadé que le destin du pays est définitivement scellé !