Échanges commerciaux soutenus, investissements et recettes touristiques : les relations économiques entre la Tunisie et la France continuent de se renforcer.
À l’occasion de la réunion régionale des Conseillers du commerce extérieur de la France pour la zone Afrique du Nord–Moyen-Orient, l’ambassade de France en Tunisie a publié une infographie présentant les principaux indicateurs économiques entre les deux pays. Les données confirment le rôle central de la France, premier partenaire commercial, premier investisseur étranger et principale source de devises pour la Tunisie.
Une relation commerciale dominante
La France conserve sa position de premier partenaire commercial de la Tunisie. Les échanges de biens entre les deux pays ont atteint 8,9 milliards d’euros, générant un excédent de 1,8 milliard d’euros en faveur de la Tunisie.
Les échanges de services s’inscrivent également dans cette dynamique, avec un volume de trois milliards d’euros en 2024, là encore marqué par un excédent de 1,8 milliard d’euros pour la Tunisie.
Ces performances traduisent la densité des relations économiques bilatérales, portées par des chaînes de valeur intégrées et des flux commerciaux réguliers.
La France, première source de devises
Au-delà des échanges commerciaux, la France constitue la principale source de devises pour la Tunisie, notamment à travers le tourisme et les transferts de la diaspora.
Le pays a accueilli 1,1 million de touristes français, faisant de la France la première clientèle européenne, générant 630 millions d’euros de recettes touristiques en devises en 2024, soit 28% du total.
Parallèlement, les transferts des Tunisiens résidant en France ont atteint 1,2 milliard d’euros en 2024, représentant 42% du total des transferts de la diaspora.
Ces deux leviers confirment l’importance du lien humain et migratoire dans la solidité de la relation économique bilatérale.
Des investissements français structurants
En matière d’investissement direct étranger (IDE), la France demeure le premier investisseur en Tunisie.
Le stock d’IDE français s’élève à 2,7 milliards d’euros, tandis que les flux entrants ont atteint 266 millions d’euros, contribuant à la création de 4.350 emplois.
Le tissu entrepreneurial reflète cette présence : 1.612 entreprises à participation française sont implantées en Tunisie, dont 670 filiales.
Ces entreprises jouent un rôle clé dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie, les services et les activités exportatrices.
Une présence tunisienne croissante en France
La relation économique est également marquée par une dynamique d’investissement tunisien en France.
La Tunisie se positionne comme le premier pays africain investisseur en France en nombre de projets. En 2025, douze nouveaux projets ont été accompagnés par Business France.
Le stock d’IDE tunisiens en France atteint 500 millions d’euros, illustrant une montée en puissance progressive des entreprises tunisiennes à l’international.
Une coopération technique et financière active
La coopération bilatérale s’appuie également sur des mécanismes de financement et d’assistance technique.
L’Agence française de développement (AFD) compte actuellement 64 projets en cours d’exécution, pour un encours total de 940 millions d’euros.
De son côté, Expertise France intervient à travers 24 projets en cours, couvrant divers domaines de développement et de modernisation institutionnelle.

I.N.











Commentaire
HatemC
L’illusion des chiffres …
Quand les IDE cachent la crise de l’emploi
L’article de Business News se félicite des 4 350 emplois créés par les investissements français. Si ce chiffre flatte les indicateurs diplomatiques, il ne représente qu’une goutte d’eau face à l’urgence sociale du pays.
L’enjeu vital de la Tunisie n’est plus seulement d’engranger des devises ou de soigner son excédent commercial, mais de répondre à une question de survie …. comment absorber une armée de demandeurs d’emploi qui ne cesse de croître ?
Le diagnostic est sans appel … le marché du travail tunisien est une cocotte-minute. Chaque année, 60 000 à 70 000 nouveaux diplômés frappent à la porte d’un marché déjà saturé par près de 700 000 chômeurs de longue durée. Face à cette déferlante, l’économie tunisienne est à bout de souffle, peinant à créer plus de 15 000 à 25 000 emplois nets par an. L’investissement étranger, souvent présenté comme le sauveur, ne couvre en réalité qu’une infime fraction des besoins de notre jeunesse.
Tant que la Tunisie ne transformera pas son modèle pour privilégier la valeur ajoutée et la souveraineté économique locale, les annonces d’investissements étrangers resteront des pansements dérisoires sur une plaie ouverte…. HC