La Tunisie entre dans une nouvelle phase de gestion de ses ressources hydriques, avec une promesse aussi simple sur le papier qu’ambitieuse sur le terrain : empêcher l’eau de s’évaporer en la couvrant.
Lundi 30 mars 2026, le secrétaire d’État chargé des ressources hydriques, Hammadi Habib, a annoncé le lancement d’un projet pilote inédit. L’idée est d’appliquer à la surface des retenues d’eau un film ultra-fin, une sorte de membrane invisible destinée à freiner les pertes liées à l’évaporation.
Derrière cette innovation, un constat brutal. Chaque été, près d’un million de mètres cubes d’eau disparaissent quotidiennement dans l’air. Un volume colossal, équivalent à la consommation cumulée du Grand Tunis, du Cap Bon, du Sahel et de Sfax. Autrement dit, une hémorragie silencieuse dans un pays déjà sous tension hydrique.
Une solution technologique encore sous surveillance
Développé en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le procédé repose sur une barrière physique entre l’eau et l’atmosphère. Objectif : limiter les échanges responsables de l’évaporation.
Mais prudence du côté des autorités. Cette “peau” artificielle est encore en phase de test. Des analyses physico-chimiques et microbiologiques sont en cours pour s’assurer qu’elle n’altère ni la qualité de l’eau potable ni celle destinée à l’irrigation.
L’expérimentation a été lancée au barrage de Lebna, choisi pour ses caractéristiques jugées représentatives. Si les résultats s’avèrent concluants et conformes aux normes sanitaires, le dispositif pourrait être étendu à l’ensemble des infrastructures hydrauliques du pays.
Entre innovation et dépendance aux pluies
Cette piste technologique s’inscrit dans une stratégie plus large, où l’innovation vient compléter – sans les remplacer – les solutions classiques comme les barrages. Ces derniers restent indispensables pour réguler les ressources et assurer le stockage à long terme.
À court terme, les indicateurs offrent toutefois un répit. Le taux de remplissage des barrages atteint environ 58 %, porté notamment par les récentes précipitations. Dans certaines zones, les nappes phréatiques ont même gagné jusqu’à quatre mètres.
Un regain qui nourrit des perspectives encourageantes pour la prochaine campagne agricole, en particulier pour les céréales et l’oléiculture, deux secteurs étroitement dépendants des aléas climatiques.
Si la technologie suscite un intérêt croissant, elle n’est toutefois pas entièrement nouvelle. Des dispositifs similaires ont déjà été expérimentés dans plusieurs pays confrontés au stress hydrique, notamment en Australie ou dans certaines régions arides, avec des résultats variables.
Leur efficacité dépend fortement des conditions climatiques, en particulier du vent et des mouvements de surface, et nécessite un suivi régulier. Autant de paramètres qui devraient être scrutés de près dans le cadre de l’expérimentation tunisienne, appelée à confirmer — ou non — la pertinence de cette solution à plus grande échelle.
N.J











Commentaire
Gg
Cela me fait penser aux criquets.
On arrose tout de produit mortel, yout crève et Dieu reconnaîtra les siens!
C’est quoi ce film?
Pour être propice à la vie, l’eau a besoin d’échanges avec l’atmosphère. Sinon le plan d’eau devient un cloaque où plus rien ne vit.
Donc, de quoi est fait ce film, pour empêcher l’évaporation et laisser le plan d’eau respirer ?
Si on considère ces deux exemples et ce qui se passe à Gabès dans l’indifférence générale, et la prolifération des déchets dans la nature, la Tunisie va très mal, de pire en pire même !