Une publication largement partagée sur Facebook, mardi 31 mars 2026, affirme une prétendue décision radicale des autorités algériennes. Le message évoque une « fermeture immédiate des frontières aux Tunisiens sur ordre présidentiel », attribuée à Abdelmadjid Tebboune, dans un ton alarmiste faisant référence à une lutte contre la contrebande.
Face à l’ampleur de sa diffusion et aux nombreuses réactions suscitées, nous avons procédé à une vérification.


Une intox recyclée et sans aucune source crédible
Premier constat : cette publication n’est pas nouvelle. Elle circule en réalité depuis le 22 février 2026, avant d’être remise en avant ces derniers jours.
Aucune source officielle n’est citée, aucun communiqué crédible ne vient étayer ces affirmations. Il s’agit d’un contenu recyclé, caractéristique des mécanismes classiques de désinformation virale, où une ancienne rumeur est relancée pour créer un effet d’actualité.

Aucune trace d’une décision officielle
Nos vérifications auprès des canaux officiels sont sans équivoque : aucune décision de fermeture des frontières aux Tunisiens n’a été prise ni annoncée par les autorités algériennes.
Une mesure d’une telle ampleur aurait nécessairement été relayée par les canaux institutionnels et largement couverte par les médias, tant en Tunisie qu’à l’international. Or, aucune trace de cette prétendue décision n’existe.
Sur le terrain, des passages qui se poursuivent normalement
Les faits observés sur le terrain contredisent également la rumeur. Depuis la première diffusion de cette publication, les passages aux frontières se poursuivent normalement.
Les flux de voyageurs tunisiens vers l’Algérie n’ont fait l’objet d’aucune restriction généralisée. Du côté de la douane tunisienne, aucune mesure exceptionnelle n’a été signalée : les passages continuent comme à l’accoutumée.
Une rumeur en décalage avec la réalité des relations bilatérales
Au-delà de la vérification factuelle, cette rumeur apparaît en total décalage avec la réalité des relations tuniso-algériennes.
Les deux pays entretiennent historiquement des liens étroits, fondés sur la proximité géographique, des intérêts économiques communs et une coopération politique régulière. L’Algérie demeure un partenaire clé de la Tunisie, notamment en matière d’énergie, de sécurité et de tourisme.
Certes, la question de la contrebande existe et fait l’objet d’efforts conjoints de régulation. Mais elle n’a jamais conduit à une fermeture totale et unilatérale des frontières visant spécifiquement les ressortissants tunisiens. Les autorités privilégient généralement la coordination et les mesures ciblées, loin des décisions spectaculaires aux conséquences économiques et diplomatiques lourdes.
Dans ce contexte, l’idée d’une « fermeture hermétique » apparaît non seulement infondée, mais également peu crédible au regard des enjeux stratégiques liant les deux États.
En l’absence de preuves et au regard des éléments vérifiés, il est clair que l’Algérie n’a pas interdit l’entrée des Tunisiens. Cette affirmation relève d’une rumeur virale sans fondement.
R.A.












