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Ghassen Ben Khelifa condamné à deux ans de prison : le SNJT accuse le système judiciaire d’intimider les voix critiques

Par Nadya Jennene

Le jugement prononcé par la chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis, condamnant le journaliste et rédacteur en chef du site Inhiyez, Ghassen Ben Khelifa, à deux ans de prison, a suscité une vive réaction de la part de la communauté journalistique et du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

Ghassen Ben Khelifa a été condamné dans le cadre d’une affaire liée à la gestion présumée d’une page Facebook. L’affaire porte sur des accusations graves, dont l’appartenance présumée à une entente terroriste et l’incitation au terrorisme, des charges que l’intéressé rejette catégoriquement. 

Le journaliste a annoncé la veille qu’il avait quitté le territoire national notant qu’il n’a aucun lien avec la page en question. Dans sa déclaration, il a dénoncé un « dossier fabriqué » et un verdict qu’il a qualifié d’injuste. Il a évoqué également une première condamnation de six mois de prison dans une affaire liée au même dossier, portant ainsi la peine globale à deux ans et demi. 

Dans un communiqué publié le mardi 31 mars 2026, le SNJT a, lui, souligné que malgré l’absence totale de preuves matérielles ou techniques confirmant ces allégations, selon les résultats des expertises menées sur les appareils saisis, le journaliste avait été tout de même condamné. 

Il a dénoncé ce jugement comme un exemple manifeste de l’usage des lois répressives pour restreindre la liberté d’expression et intimider les voix critiques, rappelant que de telles condamnations se sont multipliées au cours des deux dernières années, constituant un dévoiement du système judiciaire et une violation directe de la présomption d’innocence, du droit à la défense et des garanties d’un procès équitable, en contradiction avec l’article 31 de la Constitution tunisienne et les engagements internationaux du pays en matière de droits humains et de liberté de la presse.

Le SNJT a mis également en garde contre l’usage de rapports techniques insuffisamment motivés comme fondement de condamnation, estimant que cette pratique constitue un manquement grave aux principes fondamentaux de l’État de droit et un ciblage des journalistes pour des raisons politiques.

Il a, par ailleurs, réitéré ses appels à reconnaître le décret-loi 115 comme le seul texte de référence applicable aux affaires relatives à la publication et à la liberté d’expression, ainsi que l’abrogation de toute disposition pénale susceptible de sanctionner les journalistes par l’emprisonnement, afin de garantir la protection de la liberté de presse. 

Le SNJT a insisté sur la nécessité de revoir les orientations judiciaires dans les affaires de presse, afin d’assurer le respect des normes constitutionnelles et internationales et de préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire, réaffirmant que la répression de la presse et l’intimidation des journalistes représentent une menace directe pour la démocratie et la confiance des citoyens dans la justice.

N.J

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Commentaire

  1. HatemC

    Répondre
    31 mars 2026 | 19h02

    Matez moi cet énergumène il se prend pour le Che Guevara …. Minable individu

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