Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé, dans une déclaration conjointe, ce qu’elles considèrent comme un procès à caractère politique visant Anas Hmaidi, attendu de nouveau devant la justice le 2 avril 2026.
Le président de l’Association des magistrats tunisiens doit comparaître devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis pour « entrave à la liberté du travail ». Cette affaire remonte à son implication syndicale lors de la grève des magistrats déclenchée après la révocation de 57 juges en juin 2022.
Une procédure dénoncée comme politique
Dans leur déclaration, les organisations signataires estiment que cette procédure s’inscrit dans une dynamique de pression visant l’association et, plus largement, les magistrats attachés à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Elles évoquent notamment des irrégularités dans le traitement du dossier, faisant état de transferts répétés entre juridictions, d’une clôture de l’instruction sans que la défense n’ait pleinement exercé ses droits, ainsi que d’une programmation accélérée de l’audience.
Les ONG considèrent également que cette affaire est directement liée à l’action menée par l’association pour dénoncer les révocations de magistrats et défendre les garanties d’une justice indépendante. Elles dénoncent, dans ce contexte, un climat marqué par des poursuites jugées abusives, des pressions administratives et des campagnes de dénigrement visant certains juges.
Un appel à la fin des poursuites
Les signataires expriment leur soutien à Anas Hmaidi et appellent à l’abandon des poursuites engagées contre lui, tout en exhortant à mettre fin aux pressions exercées sur les magistrats. Ils alertent également sur les implications de cette affaire pour les libertés publiques et le droit à un procès équitable.
La déclaration est signée par plusieurs organisations, parmi lesquelles la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, l’Association tunisienne des femmes démocrates, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Al Bawsala, I Watch, Legal Agenda, Avocats sans frontières, EuroMed Rights, l’association « Kalam », Nomad 08, Aswat Nissa, Beity, Nachaz, Damj, l’association tunisienne pour la justice et l’égalité, l’association tunisienne pour la défense des libertés individuelles, Intersection pour les droits et libertés, l’association tunisienne pour les droits et libertés, le comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie, la fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, l’instance nationale pour la défense des libertés et de la démocratie, le forum du renouveau, l’organisation mondiale contre la torture et la campagne contre la criminalisation de l’action associative.
S.H










