Les récentes perturbations climatiques observées en Tunisie, marquées par des chutes de neige tardives, des pluies abondantes et des vents violents à la charnière entre mars et avril, suscitent interrogations et inquiétudes. Intervenant mercredi 1er avril 2026 sur Jawhara FM, l’ingénieur en halieutique et environnement Hamdi Hached a livré une lecture scientifique de ces phénomènes, oscillant entre variabilité saisonnière et dérèglements climatiques plus profonds.
Selon l’expert, ces manifestations météorologiques, bien qu’inhabituelles dans leur intensité et leur calendrier, ne relèvent pas d’une anomalie totale. Elles s’inscrivent plutôt dans une phase de transition entre l’hiver et le printemps, durant laquelle des résurgences de conditions hivernales peuvent encore survenir. Toutefois, il a souligné que la persistance de chutes de neige jusqu’au début du mois d’avril était rare à l’échelle des dernières décennies, rappelant que les derniers épisodes comparables remontent, de manière ponctuelle, à la fin du XXe siècle.
L’ingénieur a mis en avant une configuration atmosphérique particulière pour expliquer ces événements : l’interaction entre des masses d’air froid en altitude et une surface méditerranéenne relativement chaude. Ce contraste thermique favorise la formation de systèmes convectifs intenses, caractérisés par des nuages cumulonimbus fortement développés, capables de générer des précipitations abondantes en un laps de temps très court. Dans certains cas récents, les cumuls pluviométriques ont ainsi atteint jusqu’à 30 à 50% des moyennes mensuelles en moins de 48 heures.
Ces épisodes se sont accompagnés de vents violents ayant provoqué des dégâts matériels, notamment la chute d’arbres et l’effondrement de structures dans plusieurs régions du nord du pays, mobilisant les équipes de la protection civile. Si ces intempéries ont engendré des perturbations notables, elles ont également produit des effets bénéfiques non négligeables sur le plan environnemental.
En effet, Hamdi Hached a insisté sur le rôle crucial de ces précipitations dans la reconstitution des ressources hydriques, après plusieurs années consécutives de sécheresse. Le taux de remplissage des barrages a ainsi atteint environ 58%, un niveau jugé encourageant dans un contexte de stress hydrique chronique.
Par ailleurs, les zones humides, telles que les sebkhas et les lacs ont retrouvé une partie de leur vitalité écologique. Ces milieux jouent un rôle essentiel dans la régulation des crues et la préservation de la biodiversité, agissant comme de véritables « amortisseurs naturels » face aux risques d’inondation.
L’expert a toutefois appelé à la prudence : ces apports hydriques, bien que salutaires, ne suffisent pas à compenser plusieurs années de déficit pluviométrique ni à inverser durablement la tendance à l’épuisement des nappes phréatiques, fortement sollicitées durant les périodes de sécheresse.
Interrogé sur la possibilité d’un été marqué par des conditions climatiques similaires, Hamdi Hached a évoqué une incertitude inhérente aux dynamiques atmosphériques actuelles, tout en laissant entrevoir un potentiel répit relatif sur le plan hydrique, à condition que les précipitations se poursuivent dans des proportions équilibrées.
N.J










