Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Phosphate : des députés tirent la sonnette d’alarme et réclament une séance d’urgence au Parlement

Par Myriam Ben Zineb

Un groupe de députés a appelé à la tenue d’une séance d’urgence au sein de la Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement, afin d’examiner la dégradation jugée alarmante du secteur du phosphate, en particulier la situation de la Société des phosphates de Gafsa (CPG).

Dans une correspondance adressée au Parlement et datée du mercredi 1er avril 2026, les élus évoquent des données préoccupantes révélant une crise profonde qui affecte l’un des piliers historiques de l’économie nationale. Le secteur traverse, en effet, une phase critique ayant conduit à une quasi-paralysie des activités.

Une entreprise à l’arrêt

Les députés pointent une série de dysfonctionnements majeurs, à commencer par l’incapacité de l’entreprise à honorer ses engagements, notamment le paiement des salaires. Ils évoquent également un arrêt quasi total de la production, ainsi qu’une dégradation significative de la chaîne logistique, depuis l’extraction du phosphate jusqu’à son transport vers les laveries et les circuits de commercialisation.

Des défaillances structurelles

La situation est également marquée par des difficultés structurelles, notamment l’incapacité à assurer la maintenance des équipements et à garantir la disponibilité des pièces de rechange, ainsi que des problèmes d’approvisionnement en matières explosives nécessaires à l’extraction.

À cela s’ajoutent un déficit d’encadrement, une multiplication des postes vacants parmi les cadres miniers et l’échec des négociations avec les agents et employés pour répondre aux revendications matérielles et professionnelles.

Discipline et engagements financiers en cause

Les signataires soulignent en outre des problèmes de discipline et d’assiduité, particulièrement sur les sites de production et au siège de l’entreprise. Ils évoquent également une incapacité à honorer les engagements financiers envers plusieurs partenaires, dont le Groupe chimique tunisien, la Société nationale des chemins de fer tunisiens et une société indienne spécialisée dans les engrais.

Autre point relevé : une quasi-absence de la CPG dans l’exercice de sa responsabilité sociale et environnementale vis-à-vis de son environnement immédiat.

Appel à une mobilisation urgente

Face à cette situation, les députés appellent à une mobilisation rapide des différentes parties prenantes. Ils proposent que la séance d’urgence réunisse notamment des représentants du Conseil de sécurité nationale, du ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, des directions des entreprises concernées, ainsi que des cadres, des agents de la CPG et des experts, notamment parmi les anciens cadres retraités.

L’objectif est double : identifier les mesures urgentes susceptibles d’enrayer la dégradation du secteur et situer les responsabilités dans une crise qui menace directement un levier clé de l’économie nationale et du développement régional.

M.B.Z

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *