Alors que le climat dans les écoles secondaires reste tendu, Mohamed Safi, secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, a dénoncé jeudi 2 avril 2026 les propos attribués au ministre de l’Éducation, qu’il juge « très dangereux » pour l’équilibre des établissements et la sécurité des élèves.
Des paroles qui inquiètent
Dans une déclaration à Jawhara FM, M. Safi a précisé que cette déclaration du ministre, concernant « l’interdiction de laisser l’esprit des adultes dévorer les rêves des élèves », constitue selon lui une source de danger réelle, susceptible d’inciter à « la rébellion contre l’autorité morale » au sein des établissements scolaires.
Pour le responsable syndical, ce type de discours s’éloigne de « l’essence même de la mission éducative, qui place l’élève au centre de toute démarche pédagogique ». Il a insisté sur le rôle fondamental des enseignants, qu’il décrit comme « les véritables encadrants et protecteurs de la jeunesse ».
Protéger les élèves reste la priorité
Mohamed Safi a également souligné la nécessité pour le ministère de concentrer ses efforts sur la protection des élèves face aux dangers qui les guettent, citant notamment la recrudescence de la consommation de drogues et les accidents mortels survenant dans les établissements scolaires, « qui ne garantissent plus la sécurité nécessaire à leurs usagers ». Il a conclu son intervention en appelant à « sauver l’élève et l’école publique », tout en réaffirmant le rôle du syndicat dans la défense des droits et des acquis des enseignants.
La grève du 7 avril confirmée
Pour rappel, Mohamed Safi avait confirmé, la veille, le maintien de la grève prévue le 7 avril 2026, précisant que le préavis avait été adressé aux autorités concernées depuis plus de trois semaines, sans qu’aucune initiative de conciliation n’ait été engagée par le ministère. Il avait également souligné que le choix de cette date n’était pas fortuit, le syndicat ayant délibérément évité toute coïncidence avec les examens nationaux afin de limiter l’impact sur les élèves.
Les revendications salariales et promotions
Le syndicaliste a détaillé les principales revendications : « application des augmentations salariales prévues dans l’accord de 2023, d’un montant estimé à environ cent dinars », ainsi que « le règlement des dossiers liés aux promotions et à leur effet rétroactif », que le ministère aurait partiellement remis en question.
Une base enseignante en colère
Face à la colère grandissante de la base enseignante, certains enseignants ont évoqué des actions plus radicales, comme le boycott des examens nationaux. Mohamed Safi a indiqué que la direction syndicale cherchait toutefois à contenir ces tensions, privilégiant une approche graduelle et responsable. Il a réaffirmé la volonté du syndicat de maintenir le dialogue : « Nos mains restent tendues au dialogue », a-t-il déclaré, exhortant le ministère à initier rapidement une négociation.
Dernière chance avant la grève
Les jours précédant le 7 avril laissent encore une marge pour éviter l’escalade, a-t-il souligné, insistant sur « la nécessité d’une invitation formelle à la négociation afin de résoudre les différends avant la grève ».
I.N.










