Les prix des céréales, du sucre et des huiles végétales continuent de grimper : l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) alerte sur une nouvelle hausse des prix alimentaires mondiaux en mars 2026, stimulée par la flambée des coûts de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient.
L’agence onusienne a annoncé, dans un communiqué publié vendredi 3 avril 2026, que les prix des denrées alimentaires ont augmenté en mars pour le deuxième mois consécutif, non seulement en raison des paramètres fondamentaux du marché, mais aussi en réponse à la hausse des prix de l’énergie liée à l’escalade du conflit au Proche-Orient.
Selon elle, l’indice FAO des prix alimentaires (FFPI), qui mesure la variation mensuelle des prix internationaux d’un panier de denrées alimentaires, a atteint 128,5 points en mars 2026, en hausse de trois points (2,4%) par rapport à février, marquant ainsi un deuxième mois consécutif d’augmentation. Tous les groupes de produits – céréales, viandes, produits laitiers, huiles végétales et sucre – ont vu leurs indices progresser à des degrés divers, reflétant à la fois les fondamentaux du marché et l’impact des prix de l’énergie. Comparé aux niveaux historiques, le FFPI demeure légèrement au-dessus de son niveau de mars 2025 (+1,2 points, soit +1%) 31,7 points (19,8%) en dessous du niveau record atteint en mars 2022.
Céréales : hausse générale, mais le riz recule
L’indice FAO des prix des céréales a atteint 110,4 points en mars, en progression de 1,7 point (1,5%) par rapport à février, et de 0,7 point (0,6%) par rapport à mars 2025. Cette hausse résulte de la montée des cotations de toutes les céréales majeures à l’exception du riz.
- Le blé a enregistré une progression de 4,3%, portée par la dégradation de l’évaluation des conditions de culture aux États-Unis face aux craintes de sécheresse et par le recul attendu des superficies ensemencées en Australie du fait de l’augmentation des coûts des engrais. Ces pressions haussières ont été en partie compensées par des conditions favorables en Europe et par une forte concurrence entre exportateurs, soutenue par des niveaux de stocks encore confortables.
- Le maïs a vu ses prix progresser de 0,9%, la forte disponibilité mondiale continuant à peser sur les marchés malgré des inquiétudes concernant l’accessibilité financière des engrais à l’approche de la saison des semis dans l’hémisphère Nord et les effets indirects de l’amélioration des perspectives de la demande d’éthanol liée à la hausse des prix de l’énergie.
- Les prix de l’orge et du sorgho ont également augmenté.
- En revanche, l’indice FAO du riz a chuté de 3,0%, en raison d’une combinaison de pressions liées aux récoltes, du fléchissement de la demande à l’importation et des dépréciations de certaines monnaies par rapport au dollar américain.
Huiles végétales : une flambée soutenue par l’énergie
L’indice FAO des prix des huiles végétales a atteint 183,1 points, en hausse de 8,9 points (5,1%) par rapport à février, ce qui représente le troisième mois consécutif de hausse. Il se situe désormais 21,3 points (13,2%) au-dessus de son niveau de mars 2025.
Cette hausse est portée par les prix du palmier à huile, du soja, du tournesol et du colza :
- Les prix internationaux de l’huile de palme ont atteint leur plus haut niveau depuis mi-2022, principalement en raison des retombées de l’envolée des prix du pétrole brut, mais aussi de la détérioration des perspectives de production en Malaisie.
- Les prix du soja ont légèrement augmenté, car le recours accru aux biocarburants attendu aux États-Unis a été en partie contrebalancé par la hausse saisonnière des disponibilités à l’exportation en Amérique du Sud.
- Les prix du tournesol et du colza sont soutenus par la rareté persistante de l’offre dans la région de la mer Noire et par la progression attendue de la demande de matières premières face à la hausse marquée des prix mondiaux de l’énergie.
Viandes : hausse modérée, portée par le porc et le bœuf
L’indice FAO des prix de la viande a atteint 127,7 points en mars, en hausse de 1,2 point (1%) par rapport au mois précédent et 9,4 points (8%) au-dessus de son niveau de mars 2025.
- La hausse provient principalement de l’augmentation du prix du porc, notamment en Europe, en raison de la hausse des cours à l’approche de l’affermissement de la demande saisonnière, et d’une légère progression des prix du bœuf, soutenue par la réduction de l’offre exportable au Brésil face à une demande mondiale solide.
- Les prix de l’agneau et de la volaille ont, quant à eux, légèrement reculé, l’agneau souffrant de l’offre accrue de Nouvelle-Zélande et la volaille d’une disponibilité importante au Brésil.
Produits laitiers : première hausse depuis juillet 2025
L’indice FAO des prix des produits laitiers a atteint 120,9 points, en progression de 1,5 point (1,2%), bien qu’il reste 27,8 points (18,7%) en dessous de son niveau de mars 2025.
Cette hausse, la première depuis juillet 2025, est portée par l’augmentation des prix de la poudre de lait écrémé et entière ainsi que du beurre, bien que le repli des prix internationaux du fromage ait limité la progression globale.
- La demande mondiale de poudre de lait reste solide et les offres de lait en Océanie diminuent avec la fin du pic de production.
- Les prix du beurre ont légèrement augmenté, surtout en Océanie, dans un contexte de resserrement des disponibilités de matière grasse du lait, tandis qu’en Europe, les gains sont modérés grâce à des stocks de crème confortables.
- Les prix du fromage ont reculé en Europe, pénalisés par une offre accrue et une demande export modérée, mais se sont affermis en Océanie face à une offre plus limitée et une demande soutenue.
Sucre : effet indirect de l’énergie et du conflit au Proche-Orient
L’indice FAO des prix du sucre a atteint 92,4 points en mars, en hausse de 6,2 points (7,2%), son plus haut niveau depuis novembre 2025, mais 24,5 points (21%) en dessous de mars 2025.
Cette progression s’explique principalement par :
- L’anticipation que le Brésil, premier exportateur mondial, privilégiera la production d’éthanol à base de canne à sucre, face à la progression des prix internationaux du pétrole brut.
- Les inquiétudes liées à l’impact de la montée des tensions au Proche-Orient sur les flux commerciaux sucriers.
Cependant, l’augmentation reste limitée par une offre mondiale favorable pour la campagne 2025/26, soutenue par de bonnes récoltes en Inde et en Thaïlande.
Prix alimentaires mondiaux : entre volatilité et risques pour la sécurité
Selon la FAO, la hausse des prix alimentaires mondiaux en mars 2026 reflète l’interaction complexe entre les fondamentaux du marché – production, disponibilité, demande – et des facteurs exogènes comme l’énergie et les conflits géopolitiques. L’organisation souligne que si les niveaux actuels restent inférieurs aux pics historiques de 2022, la volatilité accrue des prix et les pressions énergétiques constituent un risque pour la sécurité alimentaire mondiale, notamment pour les pays importateurs nets de denrées alimentaires.
D’après communiqué










