La défense de l’ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib, a annoncé la tenue d’une audience devant la première chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis 1, spécialisée dans les affaires de corruption financière, le lundi 6 avril 2026.
Selon un communiqué de son comité de défense, Chawki Tabib est poursuivi pour des faits de faux commis par un agent public, ainsi que pour détention et usage de faux, dans le cadre d’un dossier référencé sous le numéro 55525/1.
Une affaire remontant à 2020
La défense affirme que cette affaire trouve son origine dans une plainte déposée en 2020 par le représentant d’une société liée à l’ancien chef du gouvernement Elyes Fakhfakh. À l’époque, Chawki Tabib, alors à la tête de l’Inlucc, avait engagé des investigations portant sur des soupçons de conflit d’intérêts et d’abus d’influence visant cette affaire.
Il s’agit, selon la même source, du quatrième dossier ayant conduit récemment au renvoi de l’ancien responsable devant la justice, tous en lien avec la période durant laquelle il dirigeait l’instance anticorruption.
Des accusations de « plaintes malveillantes »
La défense considère que les poursuites engagées reposent sur des plaintes « malveillantes » remontant à plus de cinq ans. Elle dénonce également des irrégularités juridiques, tant au niveau de la saisine de la juridiction spécialisée en matière de corruption financière que de l’ouverture de la voie judiciaire à des parties concernées par des dossiers instruits par l’Inlucc.
Elle rappelle, à ce titre, les dispositions du décret-loi n°120 de 2011, notamment son article 26, qui accorde une immunité aux responsables de l’instance pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions.
Un contexte de tensions anciennes
Le comité de défense souligne par ailleurs que les investigations menées par Chawki Tabib à l’époque auraient abouti à des conclusions similaires à celles de commissions d’enquête parlementaires et gouvernementales ayant examiné les mêmes faits.
Il rappelle également que Chawki Tabib avait été démis de ses fonctions le 20 août 2020 par Elyes Fakhfakh, peu après la démission de ce dernier sur fond de la même affaire. L’ancien président de l’Inlucc avait ensuite été placé en résidence surveillée durant les mois d’août et septembre 2021, avant de faire l’objet de mesures d’interdiction de voyage.
Une « campagne d’acharnement », selon la défense
La défense estime que cette nouvelle comparution s’inscrit dans une série d’atteintes aux droits de son client, évoquant des campagnes de diffamation, des pressions fiscales et judiciaires ainsi que des plaintes qu’elle qualifie de « fabriquées ».
Elle évoque également des agressions matérielles dont il aurait été victime, notamment des dégradations répétées de son véhicule et de son domicile, ainsi que des menaces de mort, affirmant que plusieurs plaintes déposées à ce sujet n’ont pas encore été traitées.
Enfin, le comité de défense a indiqué mettre à disposition des avocats souhaitant assister à l’audience une copie complète du dossier.
M.B.Z










