Chawki Tabib, ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) et ancien bâtonnier, a comparu lundi 6 avril 2026 devant la première chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis 1.
Il est poursuivi dans une affaire de falsification remontant à plusieurs années, liée à ses fonctions passées à la tête de l’instance.
À l’issue de l’audience, il a publié un message sur sa page Facebook. Il y affirme que cette affaire ne concerne pas directement ses actes personnels, mais son engagement dans la lutte contre la corruption.
Une audience suivie selon le comité de défense
Selon le comité de défense présidé par l’ancien bâtonnier Béchir Essid, l’audience, spécialisée dans les affaires de corruption financière, a été suivie par un grand nombre d’avocats, de confrères et d’acteurs des droits humains, venus témoigner leur soutien à M. Tabib et rappeler l’importance des principes de l’État de droit et de l’indépendance de la justice.
Dans son post, l’ancien président de l’Inlucc a déclaré : « Cette bataille ne relève pas de mon choix, mais m’a été imposée… Je la mènerai avec détermination pour défendre ma réputation et les principes que j’ai toujours servis dans l’intérêt général. »

Les chefs d’accusation
Selon le comité de défense, Chawki Tabib est poursuivi pour « faux commis par un agent public » ainsi que pour « détention et usage de faux », dans le cadre du dossier numéro 55525/1.
La défense rappelle que l’affaire trouve son origine dans une plainte déposée en 2020 par le représentant d’une société liée à l’ancien chef du gouvernement Elyes Fakhfakh. À l’époque, Chawki Tabib, alors à la tête de l’Inlucc, avait ouvert des investigations sur des soupçons de conflit d’intérêts et d’abus d’influence.
Il s’agit du quatrième dossier ayant conduit récemment au renvoi de l’ancien responsable devant la justice, tous en lien avec la période durant laquelle il dirigeait l’instance anticorruption.
Des accusations qualifiées de « malveillantes »
Le comité de défense dénonce des poursuites qu’il juge « malveillantes » et remontant à plus de cinq ans. Il souligne l’existence de « vices de procédure substantiels » et rappelle le bénéfice, pour son client, de l’immunité légale prévue par l’article 26 du décret-loi n°120 de 2011, qui protège les responsables de l’Inlucc pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions.
La défense insiste également sur le lien direct de cette affaire avec les missions exercées par M. Tabib à la tête de l’instance, notamment dans la révélation de soupçons de conflits d’intérêts et d’abus d’influence.
Un contexte de tensions anciennes
Le comité rappelle que les investigations menées par Chawki Tabib à l’époque avaient abouti à des conclusions similaires à celles de commissions d’enquête parlementaires et gouvernementales.
Il revient sur le contexte historique : M. Tabib avait été démis de ses fonctions le 20 août 2020, peu après la démission de M. Fakhfakh sur fond de la même affaire. Par la suite, il avait été placé en résidence surveillée entre août et septembre 2021, avant de faire l’objet de mesures d’interdiction de voyage.
Une défense prête à contester toutes les atteintes
Le comité de défense estime que cette nouvelle comparution s’inscrit dans un contexte d’acharnement, évoquant des campagnes de diffamation, des pressions fiscales et judiciaires, ainsi que des plaintes qu’il qualifie de « fabriquées ».
Il rappelle également des agressions matérielles subies par M. Tabib, incluant des dégradations répétées de son domicile et de son véhicule, ainsi que des menaces de mort pour lesquelles plusieurs plaintes sont encore en attente de traitement.
Lors de l’audience, la défense a sollicité le report de l’examen de l’affaire afin de préparer ses moyens de défense, et le tribunal a fixé une audience ultérieure dont la date sera communiquée ultérieurement.
Le comité de défense a enfin réaffirmé sa confiance dans la solidité du dossier juridique de son client et sa détermination à assurer sa défense par tous les moyens légaux, afin de faire toute la lumière sur les poursuites et leurs motivations.
I.N.










