Lors d’une intervention remarquée à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), mardi 7 avril 2026, le député Nouri Jridi a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation économique et sociale en Tunisie, appelant directement le président de la République à opérer un changement radical de cap.
Dans un discours virulent, l’élu a estimé que « la situation s’est aggravée » dans le pays, pointant du doigt la hausse des prix et la détérioration des conditions de vie. « Il suffit de regarder les visages fermés des citoyens, accablés par la cherté de la vie », a-t-il lancé.
Une critique globale de la gestion gouvernementale
Nouri Jridi a dénoncé des projets « bloqués depuis dix ou quinze ans », ainsi qu’un exécutif incapable, selon lui, d’apporter des réponses concrètes aux difficultés sociales.
Il s’en est également pris au ministre des Affaires sociales, qu’il accuse de « nier la réalité du citoyen modeste » à travers des mesures administratives qui compliquent davantage son quotidien.
Le député a par ailleurs évoqué la situation des diplômés chômeurs dénonçant une bureaucratie qui freine toute avancée.
Sur le plan économique, il a critiqué la structure du budget de l’État, affirmant que « 90 % des ressources proviennent des impôts payés par les citoyens », tandis que « la fraude fiscale et l’économie parallèle dominent et contrôlent les richesses du pays ».
Santé, agriculture et secteurs en difficulté
L’élu a également évoqué les difficultés d’accès aux soins, déclarant qu’« il vaut mieux ne pas tomber malade en Tunisie », dans un contexte où chacun est contraint, selon lui, d’assumer seul ses charges.
Il a aussi cité la Compagnie des phosphates de Gafsa, qu’il affirme incapable de régler ses fournisseurs, ainsi que les agriculteurs, privés d’autorisations pour creuser des puits.
Autre point soulevé : la loi sur la sous-traitance, censée garantir la dignité des travailleurs, mais que le gouvernement n’est pas parvenu à appliquer.
Appel direct à Kaïs Saïed et plaidoyer pour la nationalisation
S’adressant directement au chef de l’État, Nouri Jridi a estimé que les Tunisiens « n’attendent pas des visites symboliques ni des discours », mais des décisions concrètes.
« Vous êtes le premier responsable dans un régime présidentiel. Le peuple attend que vous limogiez ce gouvernement et que vous en choisissiez un autre », a-t-il déclaré.
Le député a également reproché au président une forme d’éloignement des réalités institutionnelles et sociales.
« Vous n’êtes pas encore venu à nous », a-t-il lancé, avant de l’appeler à « quitter son monde », en référence à une déclaration passée du chef de l’État affirmant se sentir « d’un autre monde ».
Dans la continuité, Nouri Jridi a défendu une orientation radicale, estimant que « la nationalisation des richesses du pays est la seule issue à la crise ».
Il a notamment cité le sel, le pétrole et le gaz, appelant à « frapper les monopoles » qu’il accuse d’avoir accaparé les ressources du pays et porté atteinte à sa souveraineté.
Une critique du fonctionnement institutionnel
Dans la suite de son intervention, Nouri Jridi a également critiqué le rôle du Parlement, estimant qu’il est capable d’organiser des activités ou d’examiner certains textes, mais « incapable de légiférer efficacement » ou d’envisager une motion de censure contre le gouvernement.
Une conclusion aux accents symboliques
Dans une conclusion marquée par une référence à l’œuvre de Samuel Beckett, En attendant Godot, le député a mis en garde contre une attente sans issue.
« Pour que votre récit politique ne ressemble pas à cette pièce où l’on attend quelqu’un qui ne vient jamais », a-t-il lancé, appelant le président à « passer du discours à l’action ».
M.B.Z











Commentaire
riadh e.
Je part d’un principe simple: toute personne qui parle encore de winou el petrol et de winou le sel, est un clown qui devrait rentrer chez lui et arrêter de faire perdre du temps aux tunisiens.