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Tunisie : la LTDH alerte sur une « violation manifeste » des droits fondamentaux

Par Nadya Jennene

La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH) a lancé, mardi 7 avril 2026, un appel pressant à la mobilisation de l’ensemble des composantes de la société civile pour faire face à ce qu’elle considère comme une dérive préoccupante portant atteinte aux droits et libertés fondamentaux.

Dans un communiqué, l’organisation a dénoncé en premier lieu « la poursuite des restrictions visant les libertés publiques et individuelles », pointant un recul marqué de la liberté d’expression, de la presse, de l’organisation associative et du droit de manifester pacifiquement. Ce qui constitue, à son sens, « une violation manifeste des garanties constitutionnelles et des engagements internationaux de la Tunisie ».

Libertés en recul et justice sous pression : la LTDH dénonce une dérive inquiétante

La LTDH a condamné également « les poursuites contre des militants de la société civile et des défenseurs des droits humains », y voyant une tentative d’« étouffer les voix indépendantes et critiques ». Dans le même sens, elle s’est insurgé contre ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation du pouvoir judiciaire » et de multiplication de procès à caractère politique, citant notamment les affaires visant Sonia Dahmani, Riadh Ben Fadhel ou encore l’ancien bâtonnier Chawki Tabib et le président de l’Association des magistrats, Anas Hmaidi.

L’organisation a exprimé son « rejet catégorique » du projet de loi visant à soumettre le financement des associations à une autorisation préalable des autorités, considérant cette initiative comme « une nouvelle tentative de restreindre l’action associative » et d’ouvrir la voie à « une ingérence directe de l’exécutif », en contradiction avec les acquis de la révolution et l’esprit du décret-loi 88 régissant le tissu associatif.

Discours haineux et projet de loi controversé : la société civile appelée à faire front

Dans ce contexte, la LTDH a appelé les associations, organisations, syndicats et personnalités nationales à « s’unir pour faire face à ce projet », qu’elle juge dangereux pour l’indépendance de la société civile. Elle a exhorté également les autorités à « mettre fin aux politiques de restriction de l’espace public et médiatique » et a demandé au ministère de la Justice de revenir sur la décision empêchant ses représentants de visiter les prisons et centres de détention.

Elle a, également, réaffirmé son engagement « constant en faveur de la défense des droits et libertés » et a appelé à l’ouverture d’un « dialogue sérieux et responsable » afin de sortir de la crise actuelle.

Ces prises de position interviennent dans un contexte que la Ligue qualifie de particulièrement préoccupant. Le 28 mars 2026, une manifestation s’est tenue devant le gouvernorat de Tunis, rassemblant plusieurs dizaines de personnes autour du slogan controversé « La Tunisie aux Tunisiens ». Les participants ont réclamé la déportation des migrants subsahariens, dans un contexte marqué par une forte tension autour des questions migratoires. 

Ce mouvement s’inscrivait dans une campagne plus large dénonçant à la fois les politiques migratoires européennes et le décret-loi n°88 de 2011 encadrant les associations. Les slogans, à tonalité raciste et conspirationniste, présentaient les migrants comme des instruments d’une prétendue « colonisation ». Ce discours trouve un écho dans certains médias et interventions politiques, où l’idée d’une « politique d’installation » est vivement rejetée. Les manifestants ont critiqué également le rôle supposé des associations, accusées de favoriser une influence étrangère. 

Ce même discours trouve également un écho dans certains plateaux télévisés et interventions publiques, où plusieurs députés et chroniqueurs reprennent, parfois sans nuances, les mêmes lignes de fracture.

N.J

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