Donner son sang reste un geste vital, mais encore insuffisant en Tunisie, où le système fonctionne sous tension. Entre des besoins croissants et une mobilisation qui peine à suivre, l’équilibre demeure fragile. Malgré près de 250.000 unités de sang collectées en 2025, le pays continue de faire face à un déficit, tandis que le stock national ne couvre qu’à peine cinq jours de besoins.
Un déficit structurel persistant
La Tunisie fait face à un déficit structurel en dons de sang. Manel Chaabane, chargée de la gestion du Centre national de transfusion sanguine, a indiqué, mardi 7 avril 2026, dans une déclaration à l’agence TAP, que le pays a besoin d’environ 40.000 dons supplémentaires chaque année afin de couvrir les besoins nationaux et garantir la continuité de l’approvisionnement en cette ressource vitale.
Selon ses précisions, le système national de transfusion sanguine a permis de collecter près de 250.000 unités de sang en 2025, alors que les besoins réels oscillent entre 290.000 et 300.000 unités par an. Cet écart met en évidence un manque significatif qui nécessite un renforcement de la mobilisation des donneurs.
Une collecte répartie entre plusieurs structures
Dans le détail, environ 167.000 dons ont été assurés en 2025 par le Centre national de transfusion sanguine et les cinq centres régionaux situés à Sousse, Sfax, Gabès, Gafsa et Jendouba. Le centre militaire de transfusion sanguine a, pour sa part, contribué à hauteur de 14.000 dons, tandis que les banques de sang relevant des hôpitaux publics ont permis de collecter près de 69.000 dons supplémentaires.
Un stock fragile et dépendant des saisons
Concernant les réserves disponibles, Manel Chaabane a indiqué que le stock national de sang couvre actuellement les besoins pour une durée d’environ cinq jours. Un niveau jugé fragile, d’autant plus qu’il est fortement influencé par des facteurs saisonniers.
Elle a ainsi souligné une baisse notable du rythme des dons durant certaines périodes de l’année, notamment pendant le mois de ramadan, en raison de la réticence de nombreux citoyens à donner leur sang durant le jeûne, mais aussi durant la saison estivale, marquée par l’arrêt des campagnes de collecte dans les universités et les établissements scolaires.
Renforcer la culture du don volontaire
Pour faire face à cette situation, le Centre national de transfusion sanguine intensifie ses efforts afin d’attirer davantage de donneurs volontaires. Cela passe notamment par l’organisation de campagnes de sensibilisation et par le contact régulier avec les donneurs déjà inscrits, dans l’objectif d’assurer une régularité des dons et d’éviter toute rupture d’approvisionnement.
Dans ce contexte, la responsable a insisté sur la nécessité d’ancrer une véritable culture du don de sang régulier en Tunisie. Elle a tenu à rassurer sur la sécurité de cette pratique, affirmant qu’elle ne présente aucun danger pour la santé du donneur.
Un processus sécurisé et encadré
Le don de sang s’effectue, en effet, dans un cadre strictement encadré sur le plan médical. Chaque donneur fait l’objet d’un examen préalable permettant de vérifier son état de santé général avant le prélèvement. Par ailleurs, les équipements utilisés sont stériles et à usage unique, éliminant ainsi tout risque de transmission d’infections.
Le sang collecté est également soumis à des analyses biologiques rigoureuses afin de détecter d’éventuelles maladies transmissibles avant toute utilisation.
Des fréquences de don bien définies
Manel Chaabane a également rappelé que le don de sang obéit à des règles précises. Un homme peut donner son sang jusqu’à cinq fois par an, contre quatre fois pour une femme, avec un intervalle minimum de deux à trois mois entre chaque don. La quantité prélevée, généralement inférieure à 450 millilitres, est considérée comme sans danger et rapidement compensée par l’organisme.
Une mobilisation relancée à l’occasion du 8 avril
À la veille de la célébration, mercredi 8 avril 2026, de la Journée nationale du don de sang, placée cette année sous le slogan « À chaque don de sang… une histoire de vie », la responsable a renouvelé son appel aux citoyens à s’engager davantage dans cette démarche solidaire.
Elle a souligné que le don de sang constitue un geste essentiel permettant de sauver des vies et de soutenir durablement le système de santé national, appelant à une mobilisation régulière et continue pour répondre aux besoins croissants des patients.
I.N.










