Le secteur du transport public non régulier en Tunisie se dirige vers une nouvelle escalade sociale. Intervenant dans la matinale de Jawhara FM mercredi 8 avril 2026, le vice-président de la Chambre nationale des propriétaires de taxis individuels relevant de l’Utica, Adel Arfa, a confirmé la décision de grève générale le 27 avril, précédée d’une journée de protestation le 15 avril.
Cette mobilisation concerne l’ensemble des composantes du transport public non régulier, incluant les taxis individuels et collectifs, les louages ainsi que le transport rural. Selon le responsable syndical, cette décision fait suite à une réunion élargie des structures professionnelles représentant les cinq branches du secteur, au cours de laquelle un consensus s’est dégagé en faveur de cette action.
À l’origine de cette tension, un différend persistant avec les autorités de tutelle autour de la révision des tarifs. Adel Arfa a rappelé qu’un accord avait été conclu antérieurement avec l’administration, prévoyant une augmentation tarifaire devant entrer en vigueur avant la fin du mois de mars. Or, à ce jour, aucune concrétisation n’a été observée, ce qui alimente le mécontentement des professionnels.
Sans dévoiler de chiffres précis, le responsable a évoqué des propositions portant notamment sur une révision du tarif de base du compteur, tout en soulignant que les discussions impliquent plusieurs segments du secteur, chacun disposant de sa propre grille tarifaire. Il a insisté également sur la complexité du processus décisionnel, la validation finale relevant de plusieurs ministères, dont ceux du Transport et du Commerce.
Au-delà de la question tarifaire, les professionnels dénoncent une hausse généralisée des coûts d’exploitation. Adel Arfa a cité notamment l’augmentation du prix des pièces de rechange, la dégradation de leur qualité, le coût élevé des assurances, ainsi que le prix des véhicules. À cela s’ajoutent les difficultés rencontrées pour assurer les véhicules, certaines compagnies se montrant réticentes à couvrir ce type d’activité, obligeant les exploitants à accepter des contrats onéreux.
Face à cette situation, le représentant syndical a affirmé que la grève ne serait pas une fin en soi, mais un moyen de pression pour obtenir l’application d’engagements déjà actés. « Notre objectif n’est pas de paralyser le pays, mais de faire valoir nos droits », a-t-il souligné, tout en réaffirmant l’ouverture des professionnels au dialogue.
Malgré l’annonce de cette mobilisation, les portes de la négociation restent ouvertes. Adel Arfa a assuré que les représentants du secteur étaient disposés à reprendre les discussions à tout moment avec les autorités.
N.J










