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Racisme en Tunisie : une pétition citoyenne pointe une dérive inquiétante et appelle à manifester

Par Raouf Ben Hédi

Une pétition citoyenne rendue publique le 7 avril 2026 tire la sonnette d’alarme face à la montée des discours et pratiques racistes en Tunisie, appelant à une mobilisation dans la rue dès samedi 11 avril.

Signée par des citoyens et citoyennes, l’initiative s’inscrit dans un contexte marqué, selon ses auteurs, par une recrudescence des discours de haine visant à la fois les Tunisiens noirs et les migrants originaires d’Afrique subsaharienne. Les signataires établissent un parallèle avec les dynamiques observées dans plusieurs pays du Nord, où les migrants paient le prix de politiques et de rhétoriques discriminatoires.

Un climat de plus en plus délétère

Le texte pointe particulièrement les campagnes relayées sur les réseaux sociaux, nourrissant et banalisant les stéréotypes racistes. Les auteurs dénoncent également le rôle de certains médias et de ce qu’ils qualifient de « machines de désinformation », accusées d’entretenir ces discours.

La pétition met directement en cause les autorités tunisiennes, les tenant pour responsables d’un climat qu’elles ont contribué à installer, notamment depuis le discours présidentiel du 21 février 2023 autour d’un supposé projet de « changement démographique ». Une rhétorique qui, selon les signataires, a désigné migrants et militants solidaires comme des ennemis intérieurs.

Au-delà des mots, les auteurs évoquent des conséquences concrètes : violences individuelles, pratiques discriminatoires et politiques sécuritaires visant spécifiquement certaines populations, allant jusqu’à des expulsions vers les zones frontalières dans des conditions dénoncées par plusieurs ONG.

Le cas Saadia Mosbah au cœur des revendications

La pétition revient également sur le jugement rendu contre Saadia Mosbah, présidente de l’association Mnemty, condamnée en première instance à huit ans de prison. Les signataires dénoncent une décision « choquante et injuste », rappelant que la militante est détenue depuis plus de 700 jours.

Ils critiquent également les poursuites visant d’autres militants engagés contre le racisme, évoquant des accusations récurrentes, notamment liées au blanchiment d’argent, qu’ils considèrent comme des instruments de répression visant la société civile, les médias indépendants et les mouvements sociaux.

Un appel à descendre dans la rue

Face à ce qu’ils qualifient de « dérive raciste », les signataires appellent à une mobilisation citoyenne. Une marche est prévue samedi 11 avril 2026 à 16 heures, avec un départ annoncé devant le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens, en direction de l’avenue Habib Bourguiba à Tunis.

L’objectif affiché : dénoncer les discours et politiques jugés discriminatoires, et réaffirmer les valeurs d’égalité et de dignité portées par la révolution tunisienne.

R.B.H

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