Le président du bloc parlementaire « La ligne nationale souveraine », Youssef Tarchoun, a défendu, jeudi 9 avril 2026 sur Jawhara FM, une réforme du statut de la Banque centrale de Tunisie (BCT), articulée autour d’un point clé : encadrer strictement la possibilité pour l’État d’emprunter directement auprès de l’institution.
Le député a rappelé que cette initiative, relancée au Parlement, vise à modifier la loi de 2016 qui interdit actuellement ce type de financement.
« Des conditions très précises »
« Le projet prévoit des conditions très précises pour éviter toute dérive », a expliqué Youssef Tarchoun.
Dans le détail, l’emprunt direct serait limité dans le temps, avec une durée maximale d’un an, afin d’éviter qu’il ne se transforme en dette structurelle. Le montant serait également plafonné et lié à un pourcentage des recettes fiscales de l’État, « pour garantir qu’il existe des ressources réelles pour rembourser ».
L’objectif affiché consiste à ouvrir une possibilité de financement encadrée, sans basculer dans un recours illimité à la Banque centrale.
« Sortir d’une vision réduite de la Banque centrale »
Au-delà de l’aspect technique, Youssef Tarchoun a vivement critiqué une conception qu’il juge trop restrictive du rôle de la BCT.
« On ne peut pas limiter la Banque centrale à la gestion de l’inflation et des taux d’intérêt », a-t-il déclaré, dénonçant une approche « néolibérale » qui, à ses yeux, isole la politique monétaire des enjeux de développement.
Le député a insisté sur la nécessité de rapprocher politique monétaire et politique économique, estimant que la Banque centrale doit « être un acteur de la dynamique d’investissement et de croissance ».
« La BCT n’est pas un État dans l’État »
Face aux critiques sur une éventuelle remise en cause de l’indépendance de l’institution, Youssef Tarchoun a tenu à clarifier sa position.
« Nous sommes pour l’indépendance de la Banque centrale, mais l’indépendance ne veut pas dire qu’elle soit une institution isolée ou un État dans l’État », a-t-il affirmé.
Il a souligné que la réforme ne vise pas à placer la BCT sous la tutelle du gouvernement, mais à instaurer une coordination plus cohérente avec les orientations économiques nationales, tout en maintenant des garde-fous.
Un texte en cours d’examen
Le projet, porté par des députés, est actuellement entre les mains de la commission des finances, qui doit organiser une série d’auditions avec les différentes parties concernées, dont le gouvernement, le ministère des Finances et la Banque centrale.
Ses promoteurs défendent une réforme destinée à « soulager les finances publiques » et à adapter le rôle de la BCT aux réalités économiques actuelles.
M.B.Z










