Les récentes émanations gazeuses enregistrées à Mdhilla continuent de susciter inquiétude et indignation. Invité sur les ondes de Jawhara FM, le président du conseil local de Mdhilla, Seifeddine Dallali, est revenu, vendredi 10 avril 2026, sur les circonstances de cet épisode, tout en pointant des défaillances structurelles et des engagements non tenus.
Selon lui, les émissions observées récemment ne constituent pas un phénomène isolé. « Cela fait environ quatre à cinq mois que ces émanations se répètent », a-t-il indiqué, précisant toutefois que l’incident survenu la veille serait dû à un « dysfonctionnement au niveau de l’unité d’acide sulfurique » relevant du Groupe chimique tunisien.
Si la situation a été maîtrisée rapidement et qu’aucune émission n’a été enregistrée le lendemain matin, l’élu local insiste sur la gravité potentielle de l’incident. « Si cela s’était produit dans certaines conditions, notamment en présence de vents forts en direction de la ville, cela aurait pu provoquer une véritable catastrophe », a-t-il averti.
Dans un communiqué publié le 9 avril 2026, le conseil local a dénoncé ce qu’il qualifie de « manque de sérieux » et de « négligence » face à des risques environnementaux et sanitaires avérés. Seifeddine Dallali a également évoqué des cas de troubles de santé ayant affecté des habitants, dont certains ont dû se déplacer vers d’autres villes pour se faire soigner.
Au-delà de l’incident en lui-même, le responsable local met en cause l’absence de mise en œuvre de plusieurs engagements antérieurs. Il cite notamment des projets environnementaux d’un montant global de 140 millions de dinars, actés lors d’une réunion tenue en octobre 2025 au siège du gouvernorat de Gafsa, mais restés lettre morte à ce jour.
Parmi ces projets figurent la modernisation des unités de production d’acide sulfurique, la conversion énergétique vers le gaz naturel, l’aménagement des bassins de phosphogypse, ainsi que la mise en place d’unités de traitement des eaux. « Les financements sont disponibles, mais rien n’a été réalisé », déplore-t-il.
Le conseil local réclame également des éclaircissements sur l’absence d’installation de certains équipements censés réduire les émissions depuis 2018, ainsi que sur le non-respect des engagements en matière de responsabilité sociétale, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.
Face à ce qu’il considère comme une inertie persistante des autorités régionales et de l’industriel concerné, Seifeddine Dallali annonce son intention de saisir directement la présidence de la République. « C’est aujourd’hui notre seul recours », affirme-t-il, rappelant une précédente intervention présidentielle ayant permis de faire avancer le dossier.
En dépit du caractère « accidentel » de l’incident récent, le responsable local met en garde contre sa répétition, soulignant que ce type d’événement s’est déjà produit à plusieurs reprises ces derniers mois.
S.H











