Les perspectives économiques de la région MENAAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) se dégradent nettement. Alors que l’année 2026 était initialement perçue comme une phase de consolidation, l’escalade récente du conflit au Moyen-Orient a profondément rebattu les cartes.
Entre perturbations stratégiques, à l’instar de la fermeture du détroit d’Ormuz, et destructions d’infrastructures énergétiques, les répercussions se font déjà sentir sur les marchés mondiaux et la stabilité financière régionale.
Selon les projections actualisées du Groupe de la Banque mondiale, la croissance économique de la région (hors Iran) devrait fortement ralentir, passant de 4% en 2025 à seulement 1,8% en 2026, soit une révision à la baisse de 2,4 points de pourcentage par rapport aux prévisions établies en janvier.
Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), moteurs économiques de la région, sont particulièrement touchés. Leur croissance devrait chuter de 4,4% à 1,3%, illustrant l’ampleur du choc.
Un choc exogène qui accentue des fragilités structurelles
Pour la Banque mondiale, cette crise intervient dans un contexte déjà marqué par des vulnérabilités persistantes : productivité stagnante, secteur privé limité et difficultés structurelles sur le marché de l’emploi.
En cas de prolongation du conflit, les risques de dégradation pourraient s’intensifier. L’institution alerte notamment sur une hausse de l’inflation, alimentée par l’augmentation des prix de l’énergie et des produits alimentaires, ainsi que sur un recul des flux financiers, en lien avec la baisse attendue du tourisme et des transferts des expatriés.
À cela s’ajoutent des pressions sociales accrues, notamment sur les finances publiques, ainsi que des risques de nouveaux déplacements de populations.
Des politiques industrielles à repenser
Face à cette conjoncture, la Banque mondiale appelle les gouvernements à revoir leur approche économique. Le rapport met en lumière les limites des politiques industrielles menées au cours de la dernière décennie, largement soutenues par les fonds souverains et les entreprises publiques, mais dont les résultats sont jugés « mitigés ».
L’enjeu, selon l’institution, réside désormais dans une mise en œuvre plus rigoureuse et réaliste de ces politiques. Deux priorités sont identifiées : le renforcement des institutions et un ciblage plus précis des interventions publiques.
2026, une année charnière
Dans ce contexte, l’année 2026 s’annonce décisive pour la région MENAAP. Entre gestion des répercussions du conflit et nécessité d’engager des réformes structurelles profondes, la marge de manœuvre des États se réduit, rendant indispensable une action rapide et coordonnée.
S.H










