Le dispositif du statut d’auto-entrepreneur poursuit sa lancée avec près de 8.800 inscrits à ce jour et une première phase de déclarations attendue dès la mi-avril 2026.
Intervenant vendredi 10 avril 2026 sur Express FM, Asma Ben Hassan, présidente de l’Institut tunisien du travail inclusif, a rappelé que ce régime vise avant tout à intégrer les travailleurs de l’économie informelle dans le circuit officiel, en leur offrant un cadre juridique simplifié et flexible.
Un régime simplifié pour les indépendants
Destiné aux personnes exerçant une activité pour leur propre compte, le statut s’adresse à des profils variés, à condition que leur chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 75.000 dinars.
Le dispositif repose sur une contribution unique, versée tous les trois mois, qui regroupe à la fois les obligations fiscales et les cotisations sociales, simplifiant ainsi les démarches administratives.
Une première année sans charges
L’un des principaux leviers d’attractivité du régime reste l’année d’exonération accordée aux nouveaux inscrits. Durant cette période, les bénéficiaires ne sont ni tenus de déclarer leurs revenus ni de s’acquitter de cotisations.
La contribution à la sécurité sociale est, en effet, prise en charge par l’État via le Fonds national de l’emploi. Par ailleurs, les personnes déjà salariées dans le secteur privé ne sont pas soumises à une double cotisation : elles continuent à cotiser via leur emploi principal et ne paient, en tant qu’auto-entrepreneurs, que la contribution liée à leur activité indépendante.
Déclarations progressives à partir d’avril
La plateforme dédiée à la déclaration et au paiement devrait être opérationnelle à partir du 15 avril 2026. Cette première échéance ne concernera toutefois qu’un nombre très limité d’inscrits.
La montée en régime est attendue à partir de juillet 2026, lorsque davantage d’auto-entrepreneurs arriveront à la fin de leur année d’exonération et devront déclarer leurs revenus et s’acquitter de la contribution unique.
Des difficultés encore présentes
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent. Asma Ben Hassan a évoqué un manque de maîtrise du cadre légal par certaines administrations, des difficultés dans les relations avec les recettes fiscales, ainsi que des situations fiscales parfois mal interprétées.
Des problèmes subsistent également au niveau bancaire, certaines institutions tardant à s’adapter à ce nouveau statut, ce qui complique l’ouverture de comptes professionnels pour les auto-entrepreneurs.
Un dispositif appelé à évoluer
Face à ces défis, les autorités et les différentes parties prenantes poursuivent les ajustements nécessaires, notamment en matière de clarification des procédures et de coordination entre les structures concernées.
La création d’un organisme représentatif des auto-entrepreneurs est également en cours de réflexion. Il aurait pour mission de porter leurs revendications, proposer des améliorations du cadre légal et accompagner le développement du dispositif.
Une dynamique lancée, malgré les ajustements
En dépit des difficultés de démarrage, le statut d’auto-entrepreneur s’impose progressivement comme un outil de formalisation de l’activité économique individuelle.
Asma Ben Hassan a appelé les bénéficiaires à faire preuve de patience, soulignant que ce type de réforme nécessite une phase d’adaptation, mais qu’il constitue une opportunité réelle pour structurer les activités et accéder à une protection sociale.
M.B.Z










