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Appel de Mourad Zeghidi le 14 avril : il est temps que l’injustice cesse

Service IA, Business News

Par Marouen Achouri

Le 14 avril 2026, le journaliste Mourad Zeghidi comparaîtra devant la cour d’appel. Une échéance judiciaire qui, au-delà de son cas personnel, cristallise un malaise grandissant autour de la liberté de la presse en Tunisie. Derrière les procédures, les chefs d’accusation et les décisions judiciaires, c’est une question plus large qui se pose : celle de l’équité du traitement réservé à un journaliste dont le seul tort semble être d’avoir exercé son métier.

Condamné en première instance et maintenu en détention, Mourad Zeghidi incarne aujourd’hui, pour ses soutiens, une injustice manifeste. Son affaire, complexe dans sa mécanique judiciaire, n’en demeure pas moins lisible dans ses effets : un journaliste privé de liberté, une famille éprouvée et une profession inquiète.

Une mécanique judiciaire contestée

L’affaire de Mourad Zeghidi s’inscrit dans un enchaînement de procédures qui, mises bout à bout, interrogent. Deux volets distincts, mais une même logique selon ses défenseurs : celle d’un traitement judiciaire sévère, jugé disproportionné au regard des faits reprochés.

Au fil des audiences, des accusations et des décisions, une impression persiste chez ses soutiens : celle d’un engrenage. Un processus où la procédure semble primer sur l’esprit du droit, où les garanties fondamentales apparaissent fragilisées.

Cette perception est renforcée par la durée de la détention et par la lourdeur de la peine prononcée en première instance. Pour beaucoup, il ne s’agit plus seulement d’un dossier judiciaire, mais d’un signal envoyé à toute une profession.

Dans ce contexte, l’audience en appel du 14 avril revêt une importance particulière. Elle représente non seulement une opportunité pour le journaliste de faire valoir ses droits, mais aussi un test pour la crédibilité du système judiciaire face aux critiques qui se multiplient.

Une voix depuis la prison

Depuis sa cellule, Mourad Zeghidi n’a pas cessé de clamer son innocence et de défendre sa dignité. Dans une lettre poignante rendue publique, il évoque à la fois la douleur de l’enfermement et la nécessité de rester debout.

Sans céder à la victimisation, il y décrit une réalité carcérale faite de solitude et d’épreuve morale. Ses mots, empreints de lucidité, traduisent une détermination intacte. Il y affirme son refus des accusations portées contre lui et son attachement à ses principes.

Cette lettre a profondément marqué l’opinion publique. Elle a contribué à humaniser une affaire souvent réduite à ses aspects juridiques, en rappelant qu’au cœur du dossier se trouve un homme, avec ses convictions, ses doutes et sa résistance.

Elle a également ravivé la mobilisation autour de son cas, en donnant une résonance particulière à son combat. Car au-delà de sa situation personnelle, Mourad Zeghidi pose une question essentielle : celle du prix à payer pour exercer librement le journalisme.

Une mobilisation qui dépasse les frontières

Face à ce qui est perçu comme une injustice, les soutiens à Mourad Zeghidi se sont multipliés. À l’échelle nationale d’abord, avec une mobilisation de journalistes, d’intellectuels et d’acteurs de la société civile. Mais aussi à l’international, où plusieurs organisations ont exprimé leur inquiétude.

Cette solidarité s’est traduite par des campagnes, des prises de position et des appels à sa libération. Elle témoigne d’une inquiétude plus large quant à l’évolution de la liberté de la presse en Tunisie.

Dans ce contexte, l’affaire Zeghidi dépasse largement le cadre individuel. Elle devient un symbole. Celui d’une profession qui se sent fragilisée, et d’un espace public où la parole critique semble de plus en plus exposée.

Les témoignages de soutien ne cessent de rappeler que le journalisme ne peut s’exercer pleinement sans garanties solides. Et que toute atteinte à ces garanties constitue un recul pour l’ensemble de la société.

Une famille marquée par l’engagement

Le parcours de Mourad Zeghidi s’inscrit dans une histoire familiale profondément marquée par l’engagement. Son père, Salah Zeghidi, syndicaliste influent, a connu la prison sous la présidence de Habib Bourguiba.

Du côté maternel, l’héritage est tout aussi fort. Son grand-père, Georges Adda, figure du militantisme anticolonial, a été emprisonné sous le protectorat français. Sa grand-mère, Gladys Adda, s’est illustrée dans la défense des droits des femmes.

Cette filiation éclaire, en partie, la posture du journaliste. Elle explique aussi pourquoi son emprisonnement résonne au-delà de sa personne. Il s’inscrit dans une continuité historique, celle de femmes et d’hommes ayant payé le prix de leurs convictions.

Aujourd’hui, cette histoire semble se répéter, dans un contexte certes différent, mais avec des échos troublants.

Borhen Bssais, l’autre visage de l’affaire

Mourad Zeghidi n’est pas seul dans cette épreuve. Le journaliste Borhen Bssais est également détenu dans le cadre de la même affaire.

Depuis sa cellule, Borhen Bssais a lui aussi pris la parole, livrant un témoignage empreint de gravité. S’il évoque la solitude et la dureté de la détention, il insiste surtout sur l’impact de cette situation sur les familles.

Ses mots, à la fois sobres et poignants, rappellent que derrière chaque détenu se trouvent des proches qui subissent, eux aussi, les conséquences de l’incarcération. Une dimension souvent absente du débat public, mais essentielle pour comprendre la portée humaine de cette affaire.

La situation des deux journalistes renforce le sentiment d’une injustice partagée. Elle donne également à l’affaire une dimension collective, dépassant le simple cadre individuel.

Une attente décisive

À l’approche de l’audience en appel, l’attente est forte. Pour Mourad Zeghidi, il s’agit d’un moment crucial, peut-être décisif. Pour ses soutiens, c’est l’espoir d’un rééquilibrage, d’un retour à une forme de justice perçue comme plus équitable.

Mais au-delà du verdict, c’est la portée symbolique de cette décision qui est en jeu. Elle dira beaucoup sur l’état des libertés en Tunisie, et sur la capacité des institutions à répondre aux préoccupations exprimées par une partie de la société.

Dans un contexte marqué par des tensions et des interrogations, l’affaire Mourad Zeghidi agit comme un révélateur. Elle met en lumière les fragilités d’un système, mais aussi les attentes d’une société attachée à ses libertés.

Le 14 avril ne sera donc pas seulement une date judiciaire. Il sera, pour beaucoup, un moment de vérité.

Marouen Achouri

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Commentaire

  1. Mhammed Ben Hassine

    Répondre
    13 avril 2026 | 12h39

    Que vaut les appelles répétés si les oreilles sont sourdes

Répondre

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