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Au Parlement, Khaled Nouri : « La Tunisie est le seul pays à avoir réussi la gestion du dossier migratoire »

Par Nadya Jennene

Intervenant au Parlement lundi 13 avril 2026 en réponse au député Tarek Mehdi sur la question de l’afflux migratoire subsaharien en Tunisie, le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, a livré une prise de parole marquée par des généralités, sans apporter de réponses concrètes aux interrogations soulevées.

Qualifiant le dossier migratoire de « complexe », le ministre a essentiellement rappelé des données d’ordre général, évoquant notamment la jeunesse de la population africaine — dont 60% ont moins de 25 ans — et les dynamiques migratoires vers l’Europe. Il a insisté sur le fait que la Tunisie était perçue comme un pays de transit, sans toutefois détailler les mesures spécifiques mises en place pour encadrer cette situation ou en atténuer les effets.

S’il a reconnu les risques liés à ce phénomène, le ministre s’est contenté d’une approche descriptive, soulignant que « ces êtres humains ne sont pas venus sans raison », sans pour autant préciser la stratégie adoptée par les autorités face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux que pose cette migration. « Nous sommes pleinement conscients de la situation et des risques qu’elle comporte », a-t-il affirmé.

Une gestion revendiquée, sous pression et sous critiques

Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs mis en avant ce qu’il considère comme une singularité tunisienne en matière de gestion migratoire. Rappelant ses visites effectuées à l’étranger, il a assuré que « la Tunisie est, à ce jour, le seul pays ayant réussi à gérer ce dossier », et ce malgré « un coût élevé sur les plans environnemental, sanitaire et sécuritaire ».

Évoquant les évolutions récentes, il a fait état d’un changement notable de dynamique depuis environ un an et demi. Selon lui, une tendance au retour volontaire des migrants vers leurs pays d’origine se dessine, avec « des centaines de demandes enregistrées quotidiennement ».

Face aux critiques, le ministre a insisté sur le caractère « extrêmement sensible » de ce dossier, pointant les pressions auxquelles sont confrontées les autorités. Il a notamment déploré certaines réactions médiatiques, estimant que « chaque action entreprise est scrutée, disséquée et parfois accompagnée d’accusations graves ».

« Vous n’imaginez pas l’ampleur de la pression », a-t-il déclaré devant les députés, tout en réaffirmant que les autorités poursuivent leur action « dans le strict respect de la loi et des accords internationaux ».

Des pratiques contestées par des ONG et instances internationales

Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par des critiques récurrentes formulées par plusieurs organisations nationales et internationales concernant la gestion du dossier migratoire en Tunisie. Des ONG, telles que le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) ou la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH), ont à plusieurs reprises dénoncé des dépassements, notamment lors d’opérations d’éloignement ou de démantèlement de camps de migrants.

À l’échelle internationale, des agences onusiennes et des organisations de défense des droits humains ont également exprimé leurs préoccupations quant aux conditions de prise en charge des migrants subsahariens, évoquant des situations de vulnérabilité accrue et un accès limité aux droits fondamentaux.

Ces critiques portent notamment sur des pratiques jugées contraires aux engagements internationaux de la Tunisie, en particulier en matière de protection des personnes migrantes et du droit d’asile. Elles contrastent avec la présentation officielle d’une gestion maîtrisée et conforme aux normes juridiques.

Sécurité, stupéfiants et guerre de communication

Revenant également sur la lutte contre les stupéfiants et les réseaux criminels, le ministre a affirmé que son département avait déjà « porté des coups significatifs » et qu’il continuerait à agir avec fermeté face à ce phénomène.

Répondant aux interrogations du député Amine Ouerghi concernant les attaques visant l’institution sécuritaire, Khaled Nouri a assuré que ses services disposaient d’une connaissance approfondie des acteurs impliqués, déclarant qu’ils « savent tout sur tout le monde ». Il a indiqué avoir fait le choix de ne pas réagir publiquement aux campagnes menées par certains barons de la drogue sur les réseaux sociaux, précisant que ces derniers recourent à des pages et à des contenus orchestrés pour porter atteinte à l’image de l’institution et de ses cadres.

Le ministre a, à cet égard, souligné le degré de sophistication de ces campagnes, estimant que leurs auteurs disposent d’un savoir-faire certain et maîtrisent les techniques de manipulation et de diffusion, ce qui, selon lui, explique la prudence adoptée par les autorités dans leur réponse. « Ils savent où frapper. Ce sont des professionnels, ils savent comment broder. Nous connaissons les pages (qu’ils utilisent) et les gens qui sont derrière », a-t-il affirmé, notant qu’il y a des procès en cours.

N.J

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