L’inquiétude aura duré plus de quarante heures. Une jeune tunisienne de 18 ans, résidant à Benghazi en Libye, a été retrouvée saine et sauve après avoir disparu dans des circonstances troubles, a indiqué Mustapha Abdelkebir, président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, lors d’une intervention sur Jawhara FM, mardi 14 avril 2026.
Selon ses déclarations, la jeune fille, élève en classe terminale, vit avec sa mère dans la ville libyenne. Sa disparition remonte à l’après-midi d’avant-hier, lorsqu’elle a été aperçue pour la dernière fois dans une rue principale de Benghazi. Des témoins ont évoqué l’intervention d’un véhicule transportant trois individus, laissant planer le doute entre un enlèvement criminel et une interpellation par des autorités.
Alertée, la mère de la jeune fille a immédiatement contacté les services de sécurité ainsi que le consulat tunisien à Benghazi. L’Observatoire tunisien des droits de l’Homme s’est également mobilisé, en coordination avec des acteurs libyens et tunisiens, appelant les autorités des deux pays à intervenir rapidement pour élucider la situation.
Après plus de 40 heures d’angoisse, il a finalement été établi que la jeune tunisienne était retenue dans un centre de lutte contre la migration irrégulière. Elle y aurait été placée en raison de l’absence de documents d’identité en règle au moment du contrôle.
Si son état de santé est jugé bon et qu’elle a pu regagner le domicile familial après régularisation de sa situation administrative, Mustapha Abdelkebir a vivement critiqué les conditions de cette interpellation. Il a notamment dénoncé l’absence d’information adressée à la famille, estimant qu’« il est inacceptable qu’une mère reste sans nouvelles de sa fille pendant des dizaines d’heures, alors même que celle-ci est détenue dans une structure officielle ».
L’intervenant a par ailleurs appelé à une meilleure coordination entre les autorités tunisiennes et libyennes afin d’éviter la répétition de tels incidents. Il a également évoqué plusieurs cas non élucidés de disparitions de Tunisiens en Libye, plaidant pour une prise en charge sérieuse de ce dossier sensible.
Mustapha Abdelkebir a rappelé que plusieurs familles tunisiennes étaient toujours sans nouvelles de leurs proches, citant également d’autres cas de disparitions inexpliquées, notamment le journaliste Sofiane Chourabi, et le photographe Nadhir Ktari.
Les deux ont été enlevés, le 8 septembre 2014, alors qu’ils effectuaient une mission médiatique dans l’est de la Libye. Ils s’étaient alors rendus légalement dans le pays voisin, munis de visas officiels. Initialement arrêtés par un groupe armé présumé affilié aux milices Bouclier de Libye avant d’être relâchés, puis kidnappés à nouveau quelques jours plus tard par une faction supposée proche de l’organisation Daech.
En janvier 2015, un communiqué attribué à l’État islamique (Daech) est venu annoncer leur exécution. Les autorités libyennes ont ensuite démenti cette version, mais sans fournir aucun élément concret : aucun corps, aucune photo, aucune analyse ADN n’a jamais été rendue publique.
Le mystère reste jusqu’à ce jour entier. La réponse officielle récemment communiquée par le ministère des Affaires étrangères n’est venue que vague et insuffisante, alors que les familles comme l’opinion publique attendent toujours des précisions claires et définitives.
N.J











