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Mobilisation devant la cour d’appel de Tunis en soutien à Mourad Zeghidi

Par Nadya Jennene

Un rassemblement empreint de solidarité s’est tenu dans la matinée de mardi 14 avril 2026 devant la cour d’appel de Tunis, à l’appel du Syndicat national des journalistes tunisiens, en soutien au journaliste Mourad Zeghidi, dont une nouvelle audience était prévue le même jour.

Plusieurs journalistes, militants et représentants de la société civile se sont réunis sur place, brandissant des pancartes et scandant des slogans en faveur de la liberté de la presse et appelant à la libération du journaliste. 

L’atmosphère, à la fois déterminée et préoccupée, traduisait l’importance que revêt cette affaire pour la profession, alors que les débats autour de la liberté d’expression en Tunisie restent particulièrement vifs.

Arrêté le 11 mai 2024, Mourad Zeghidi avait été condamné, le 26 juillet de la même année, à huit mois de prison pour « diffusion de fausses nouvelles », en vertu du décret-loi 54, un texte fortement critiqué par des organisations nationales et internationales pour ses répercussions sur l’exercice du journalisme, et actuellement visé par un projet de révision au Parlement. 

Alors qu’il purgeait cette peine, un nouveau tournant judiciaire est intervenu début décembre 2024, avec l’émission d’un mandat de dépôt supplémentaire, fondé cette fois sur des accusations liées au terrorisme et au blanchiment d’argent. Une escalade judiciaire qui a suscité de nombreuses interrogations et renforcé la mobilisation autour de son cas.

Le 5 janvier 2026, la chambre criminelle a rejeté une demande de libération conditionnelle déposée par la défense. Quelques semaines plus tard, le 22 janvier, elle a condamné le journaliste à trois ans et demi de prison pour blanchiment d’argent et infractions fiscales.

Outre cette peine, la juridiction a prononcé une série de sanctions financières, incluant des amendes, la confiscation de ses avoirs ainsi que la saisie des parts sociales des sociétés dans lesquelles il détient des participations, au profit du Trésor public.

Face à cette succession de poursuites, les manifestants ont dénoncé un acharnement judiciaire et appelé à garantir les droits de la défense ainsi que le respect des libertés fondamentales. Pour nombre d’entre eux, l’affaire dépasse le seul cas de Mourad Zeghidi et soulève des enjeux plus larges liés à l’indépendance de la justice et à la protection du travail journalistique en Tunisie.

N.J

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