Lors d’une intervention accordée à la matinale de Jawhara FM mercredi 15 avril 2026, Elyes Ben Ammar, membre de la Fédération générale de l’électricité et du gaz relevant de l’UGTT, a vivement critiqué l’exclusion de son organisation des concertations relatives aux projets de production d’électricité à partir des énergies renouvelables.
Le responsable syndical a tenu à clarifier la position de la centrale syndicale, affirmant que celle-ci ne s’oppose nullement au développement des énergies renouvelables, qu’elle considère comme un choix stratégique d’avenir. Il a rappelé, à cet égard, le rôle pionnier de la Steg, qui a mis en service dès l’an 2000, à Sidi Daoud, l’une des premières centrales éoliennes du continent africain.
Toutefois, Elyes Ben Ammar a exprimé de sérieuses réserves quant aux modalités actuelles d’exploitation de ces ressources en Tunisie, dénonçant une approche qu’il juge déséquilibrée et contraire à l’intérêt général. Il a notamment regretté l’absence de consultation des représentants syndicaux dans l’élaboration des projets de loi relatifs aux concessions examinés au Parlement, alors même que d’autres parties prenantes sont auditionnées.
Selon lui, l’UGTT, en tant qu’acteur historique et social majeur, dispose d’une légitimité pleine à participer aux choix stratégiques nationaux, notamment dans un secteur aussi sensible que l’énergie. Il a, par ailleurs, pointé du doigt le positionnement de la direction générale de la Steg, jugé en deçà des attentes, estimant que celle-ci ne défend pas suffisamment les intérêts de l’entreprise publique.
Le syndicaliste a également mis en garde contre les risques que font peser certains contrats de production d’électricité à partir des énergies renouvelables sur la pérennité de la Steg. Il a évoqué des clauses susceptibles de fragiliser l’équilibre financier de l’entreprise, notamment en matière de transfert de bénéfices liés aux crédits carbone au profit d’investisseurs étrangers.
S’appuyant sur une étude de l’Observatoire tunisien de l’économie, il a souligné l’existence de « déséquilibres » dans les contrats conclus, au détriment de la partie publique, estimant qu’ils ne répondent pas aux standards internationaux en vigueur. Il a dénoncé, dans ce sens, une tendance à privilégier les investisseurs étrangers au détriment des capacités nationales.
Face à cette situation, il a appelé à une révision en profondeur du cadre de gouvernance du secteur, plaidant pour une meilleure prise en compte des intérêts de l’entreprise publique et une participation élargie des acteurs nationaux aux processus décisionnels.
Le responsable a annoncé par ailleurs l’organisation prochaine d’une conférence de presse au siège de l’UGTT, consacrée aux « vérités occultées » concernant les projets de concessions dans le domaine des énergies renouvelables, afin d’éclairer l’opinion publique sur les enjeux économiques et stratégiques de ce dossier sensible.
N.J










