Au Parlement polonais, le député Konrad Berkowicz n’a pas choisi la demi-mesure. En pleine séance, mardi 14 avril 2026, il a brandi un drapeau israélien sur lequel figurait une croix gammée à la place de l’étoile de David. L’image, immédiatement diffusée sur les réseaux sociaux et reprise par les médias internationaux, a frappé par sa violence symbolique. Elle n’était ni ambiguë ni accidentelle : elle visait à établir une analogie politique extrême entre l’action militaire israélienne et l’un des symboles les plus chargés de l’histoire contemporaine.
Le geste ne surgit pas dans un vide politique. Il s’inscrit dans un climat mondial où la guerre menée par Israël à Gaza, ses frappes au Liban et ses opérations en Iran nourrissent une indignation croissante, y compris dans des cercles jusque-là prudents ou silencieux.
Une image extrême née d’un contexte extrême
Si cette scène a pris une telle ampleur, c’est parce qu’elle intervient alors que les opérations israéliennes se multiplient sur plusieurs théâtres.
À Gaza, les bombardements successifs et l’offensive terrestre ont provoqué des dizaines de milliers de morts, majoritairement civils selon de nombreuses organisations humanitaires, ainsi qu’un effondrement humanitaire sans précédent dans l’enclave. Au Liban, les frappes israéliennes répétées ont aggravé la tension régionale. En Iran, plusieurs opérations ciblées attribuées à Israël ont accentué l’escalade.
Pour une partie croissante de l’opinion mondiale, ces actions ne sont plus perçues comme des opérations de défense, mais comme une campagne militaire régionale menée sans retenue proportionnée et sans véritable sanction internationale.
Netanyahu inculpé, Israël toujours protégé
L’un des paradoxes majeurs de cette séquence internationale réside dans le statut judiciaire inédit du Premier ministre israélien.
Benjamin Netanyahu fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale. Une décision d’une portée historique. Pourtant, malgré cela, Israël continue de bénéficier du soutien diplomatique actif des États-Unis et d’une large mansuétude européenne.
Pour beaucoup moins que cela, des groupes armés ou des mouvements de résistance sont immédiatement qualifiés de terroristes dès lors qu’ils causent la mort de civils. Cette qualification entraîne sanctions, isolement diplomatique, gels d’avoirs, condamnations unanimes.
Mais lorsqu’un État mène des opérations causant des pertes civiles massives, le vocabulaire change. On parle alors de “riposte”, de “droit à la défense”, de “contexte sécuritaire”. Cette asymétrie lexicale et politique nourrit un profond ressentiment international.
Le double standard occidental en accusation
Ce que révèle l’affaire polonaise, au fond, dépasse la provocation d’un élu radical.
Elle met à nu le discrédit croissant de la parole occidentale lorsqu’elle invoque le droit international de manière sélective. Comment condamner avec vigueur certains crimes de guerre tout en relativisant d’autres ? Comment exiger la justice dans certains conflits et invoquer la prudence diplomatique dans d’autres ?
Cette incohérence fragilise les institutions internationales et radicalise les opinions publiques. À mesure que les grandes puissances apparaissent incapables (ou peu désireuses) de traiter Israël comme elles traiteraient n’importe quel autre État mis en cause, les expressions politiques deviennent plus brutales, plus outrancières, plus dangereuses.
Le geste de Konrad Berkowicz ne constitue pas une réponse politique. Il ne produit ni justice ni solution. Mais il agit comme un symptôme.
Symptôme d’un monde où l’impunité d’Israël exaspère une partie croissante de l’opinion internationale. Symptôme aussi d’un ordre mondial où le droit semble appliqué à géométrie variable, selon l’identité de l’auteur des crimes et le poids géopolitique de ses alliés.
Et c’est précisément là que réside le vrai scandale : moins dans la provocation d’un député polonais que dans les conditions politiques et diplomatiques qui rendent cette provocation possible et, pour certains, intelligible.
M.B.











3 commentaires
Fares
Les sionistes prendraient ce geste pour un compliment. Jabotinsky anisi que les Mileikovskis (les Satanyahous père et fils) étaient fans de Mussolini et de Hitler.
Gg
Tempérez votre enthousiasme, BN!
Cette provocation grossière émane d’un groupuscule qui compte 16 députés à la Diète (parlement polonais) sur 388.
Autant dire que le ridicule de votre enthousiasme est à la mesure de sa grandiloquence !
EL OUAFI
Le député polonais a osé pour peut-être par son exaspération de cette injustice.
Les Polonais sont génialement croyants il pourrait qu’il a voulu attirer ses concitoyens sur cet effroyable drame que vivent les enfants innocents Palestiniens,ou pour les consciences !
Les Polonais ont subi par le passé la tyrannie de l’occupant NAZI et lorsqu’ils étaient sous le régime soviétique.
Quant à la protection D’ISRAËL par les ÉTATS UNIS le contexte est différent,beaucoup des SIONISTES font partie du lobbyistes de l’électorat et l’influence est prise en compte.
La Mansuétude des EUROPÉENS envers L’ETAT SIONISTE revient à la création de cet état injustement créer au détriment des PALESTINIENS.
La diaspora juive très importante en Europe ;un peuple d’élite qui a intégré les universités et le savoir beaucoup de ces intellectuels européennisés et se sont dissimulé dans la société EUROPÉENNE et Américaine.