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Enseignement privé : la question du plafonnement des frais posée à l’ARP

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Par Myriam Ben Zineb

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Longtemps perçu comme une alternative marginale, l’enseignement privé s’impose désormais comme un choix de plus en plus répandu en Tunisie. Chaque rentrée scolaire confirme un peu plus cette tendance : des familles, notamment issues de la classe moyenne, tournent le dos à l’école publique pour inscrire leurs enfants dans des établissements privés, malgré des frais souvent élevés et en constante augmentation.

Derrière ce basculement, un constat largement partagé : une perte de confiance progressive dans le service public de l’éducation. Classes surchargées, grèves à répétition, qualité d’encadrement inégale… autant de facteurs qui alimentent l’inquiétude des parents. Pour beaucoup, le privé apparaît alors comme un pari coûteux, parfois risqué, mais perçu comme un investissement nécessaire pour garantir un avenir plus stable à leurs enfants.

Ce choix n’est toutefois pas sans conséquences. Les frais de scolarité, qui varient fortement d’un établissement à l’autre, atteignent parfois des niveaux difficilement soutenables. Entre inscriptions, mensualités, activités annexes et fournitures spécifiques, les budgets familiaux sont mis à rude épreuve. Et pourtant, année après année, les inscriptions augmentent, traduisant une forme de résignation : celle de parents prêts à consentir des sacrifices financiers importants face à un système public jugé défaillant.

Dans ce contexte, une question s’impose de plus en plus dans le débat public : jusqu’où peut-on laisser le marché réguler un secteur aussi sensible que l’éducation ? Et surtout, l’État peut-il et doit-il intervenir pour encadrer les tarifs pratiqués par des institutions privées ?

C’est précisément cette problématique qui a été soulevée jeudi 16 avril 2026 à l’Assemblée des représentants du peuple. La députée Manel Bdida a plaidé pour un encadrement strict des frais de scolarité dans l’enseignement privé, lors d’une séance d’audition tenue par la Commission de l’éducation.

Intervenant dans le cadre de l’examen de la proposition de loi relative à la création et à l’organisation des établissements éducatifs privés, la parlementaire a appelé la partie initiatrice du texte à intégrer un nouvel article prévoyant un plafonnement des frais de scolarité.

Elle a, dans ce sens, insisté sur la nécessité d’unifier les tarifs appliqués par les établissements privés, tout en fixant des marges bénéficiaires qui ne soient pas excessives.

Reste à savoir si une telle régulation est réellement applicable, dans un secteur où les logiques de marché dominent, et où la demande, en constante progression, semble jusqu’ici justifier toutes les hausses.

M.B.Z

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