Une délégation de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a été empêchée, jeudi 16 avril 2026, de visiter la prison civile de la Mornaguia, selon un communiqué diffusé dans la journée.
Aucune précision n’a été fournie, à ce stade, quant aux motifs de cette interdiction, qui intervient alors que ce type de visites s’inscrit dans les missions habituelles de l’organisation, chargée du suivi des conditions de détention et de la défense des droits fondamentaux.
Des entraves qui se répètent
Cet incident est loin d’être isolé. Depuis plusieurs mois, la LTDH dénonce la multiplication des restrictions visant ses visites dans les établissements pénitentiaires.
Déjà, le 20 janvier 2026, une délégation de la section du Bardo de la Ligue s’était vu refuser l’accès à la prison civile de la Mornaguia. Elle était composée de Saif Ayadi, Khalil Zghidi, président de la section, et Amel Bouzaiene, trésorière. Là encore, aucune justification officielle n’avait été avancée.
En décembre 2025, l’organisation avait également dénoncé des entraves similaires, après l’interdiction d’une visite programmée à la prison civile de Gafsa.
Un mois plus tôt, en novembre 2025, plusieurs délégations avaient été empêchées d’accéder à plusieurs établissements, notamment les prisons de Mornaguia, Belli, Nadhour et Borj Erroumi, malgré le respect des procédures administratives et l’information préalable des autorités compétentes.
Un mécanisme de contrôle essentiel
Ces visites constituent un mécanisme clé de contrôle indépendant des lieux de privation de liberté. Elles permettent d’évaluer les conditions de détention, de recueillir des témoignages et de formuler des recommandations, dans une logique de transparence et de respect des droits humains.
Leur entrave répétée soulève ainsi des interrogations croissantes sur l’accès des organisations de la société civile aux prisons, ainsi que sur les garanties effectives entourant le contrôle externe des établissements pénitentiaires.
Dans un contexte marqué par la récurrence de ces interdictions, la question du respect des engagements en matière de droits humains et de transparence continue de se poser avec acuité.
M.B.Z










