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Inflation à 5% : un chiffre officiel qui ne reflète pas le ressenti des Tunisiens, décryptage de Moez Snoussi

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Par Nadya Jennene

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Alors que l’inflation est officiellement établie à 5% en mars 2026 selon l’Institut national de la statistique (INS), beaucoup de Tunisiens continuent de ressentir une flambée des prix bien plus marquée au quotidien. D’où vient ce décalage entre les chiffres officiels et le vécu des ménages ?

Invité sur Express FM jeudi 16 avril 2026, l’économiste Moez Snoussi a tenté d’apporter des éléments de réponse, en commençant par clarifier une confusion fréquente.

Un chiffre souvent mal compris

Le taux de 5%, a-t-il expliqué, ne correspond pas à une hausse des prix entre février et mars. Il s’agit d’un glissement annuel, c’est-à-dire une comparaison entre les prix de mars 2026 et ceux de mars 2025.

Autrement dit, ce chiffre ne mesure pas l’évolution des prix d’un mois à l’autre, mais leur progression sur une année entière. Une nuance importante, souvent mal perçue, qui alimente les incompréhensions.

La variation mensuelle, elle, est généralement beaucoup plus faible. Si l’on répartissait ces 5% sur douze mois, cela correspondrait à une augmentation moyenne mensuelle limitée, mais en pratique, les prix évoluent de manière irrégulière selon les périodes et les produits.

Pourquoi les citoyens ressentent plus que 5%

Reste une question centrale : pourquoi ce chiffre ne reflète-t-il pas le ressenti de nombreux citoyens ?

Pour Moez Snoussi, ce décalage s’explique en grande partie par la manière dont l’inflation est calculée. L’indice des prix repose sur un panier de consommation moyen, censé représenter les dépenses des ménages.

Problème : ce panier ne correspond pas forcément aux habitudes réelles de chacun. Certaines dépenses essentielles, notamment l’alimentation, peuvent augmenter fortement, tout en ayant un poids limité dans le calcul global. Résultat : même si l’inflation “officielle” reste contenue, le coût de la vie peut sembler s’envoler.

L’économiste estime ainsi que ce sentiment est légitime, et qu’il ne s’agit pas simplement d’une perception erronée, mais d’un effet direct des choix méthodologiques.

Des outils de mesure à repenser ?

Moez Snoussi a par ailleurs évoqué les limites de ce panier de référence, relevant que certaines dépenses importantes en sont exclues, notamment celles liées à l’investissement résidentiel, comme la construction de logements. Il a ainsi plaidé pour une révision de cet indicateur, afin de mieux refléter la réalité des dépenses des ménages.

L’économiste a également mentionné d’autres approches de mesure de l’inflation, notamment le déflateur du PIB, qui couvre l’ensemble des biens et services produits dans l’économie. Selon lui, ces indicateurs présentent globalement des résultats proches, avec des écarts limités.

N.J

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Commentaire

  1. zaghouan2040

    Répondre
    16 avril 2026 | 16h37

    La plupart des Tunisiens se limitent aux dépenses essentielles,notamment alimentaires, ménagères et celles liées aux enfants
    Et là le chiffre de 5% est ridicule, indécent même

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