Une nouvelle action de solidarité est prévue à Tunis pour soutenir les réserves de sang, toujours sous tension en Tunisie. L’institution de microfinance Daam organise, vendredi 17 avril 2026, à partir de 9h30, une campagne de don de sang à son siège social, avec l’objectif de contribuer au renforcement du stock national et de soutenir la banque du sang tunisienne.
À travers une publication diffusée sur ses réseaux sociaux, l’institution appelle à une mobilisation collective, en mettant en avant la portée vitale de ce geste. Elle invite ses collaborateurs et clients ainsi que des partenaires et entreprises amies, à se joindre à cette initiative solidaire et à consacrer une partie de leur temps à une action susceptible de sauver des vies.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique de responsabilité sociale, visant à répondre à des besoins urgents et récurrents du système de santé.
Un déficit structurel qui persiste
Cette campagne intervient dans un contexte national marqué par un déficit chronique en dons de sang. En Tunisie, les besoins annuels sont estimés entre 290.000 et 300.000 unités, alors que près de 250.000 unités seulement ont été collectées en 2025.
Selon les données du Centre national de transfusion sanguine, il manque ainsi environ 40.000 dons chaque année pour assurer un approvisionnement suffisant et continu.
Cet écart met en évidence une insuffisance persistante de la mobilisation, malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires.
Une collecte assurée par plusieurs structures
La collecte de sang en Tunisie repose sur un dispositif impliquant plusieurs acteurs. En 2025, environ 167.000 dons ont été réalisés par le Centre national de transfusion sanguine et les centres régionaux, tandis que le centre militaire a contribué à hauteur de 14.000 dons.
Les banques de sang des hôpitaux publics ont, pour leur part, permis de collecter près de 69.000 dons supplémentaires, illustrant le rôle complémentaire de ces différentes structures dans la couverture des besoins nationaux.
Des réserves limitées et vulnérables
Le niveau des stocks demeure particulièrement fragile. Les réserves nationales ne couvrent qu’environ cinq jours de besoins, un seuil jugé critique par les spécialistes.
Cette situation est fortement influencée par des facteurs saisonniers. Le rythme des dons connaît notamment un ralentissement durant le mois de ramadan, mais aussi en période estivale, lorsque les campagnes organisées dans les établissements d’enseignement sont suspendues.
Encourager le don volontaire et régulier
Face à ces contraintes, les campagnes de sensibilisation et les initiatives ponctuelles, comme celle organisée par Daam, apparaissent essentielles pour renforcer la base de donneurs.
Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’ancrer une culture du don volontaire régulier, afin d’assurer une meilleure stabilité des réserves et de prévenir toute rupture d’approvisionnement.
Le don de sang est un acte sécurisé, encadré par des protocoles médicaux stricts. Chaque donneur bénéficie d’un examen préalable et le matériel utilisé est stérile et à usage unique. Le sang collecté fait également l’objet d’analyses rigoureuses avant toute utilisation.
La quantité prélevée, généralement inférieure à 450 millilitres, est rapidement compensée par l’organisme. Un homme peut donner jusqu’à cinq fois par an, contre quatre fois pour une femme, avec un intervalle minimum de deux à trois mois entre chaque don.
Un geste citoyen essentiel
Dans ce contexte, l’initiative de Daam illustre le rôle croissant des entreprises et institutions dans le soutien au système de santé.
Au-delà de son caractère ponctuel, cette campagne rappelle que le don de sang constitue un geste citoyen fondamental, indispensable pour répondre aux besoins quotidiens des établissements de santé, qu’il s’agisse d’urgences, d’interventions chirurgicales ou de traitements de longue durée.
Alors que la Tunisie demeure confrontée à un déficit structurel, chaque don contribue à renforcer une chaîne de solidarité encore insuffisamment mobilisée.
I.N.












