Une publication largement partagée sur Facebook a semé le doute chez de nombreux Tunisiens. Le message affirme qu’il serait « tout à fait possible » de supprimer l’enseignement de la langue française dès la prochaine rentrée scolaire pour les élèves de troisième année primaire. Rapidement, l’annonce a suscité interrogations et inquiétudes, certains internautes y voyant un changement imminent du système éducatif tunisien, tandis que d’autres ont exprimé leur colère ou leur soutien à cette supposée réforme.

Mais après vérification, cette information est fausse, aucune décision officielle n’a été annoncée en Tunisie concernant la suppression de l’enseignement du français en troisième année primaire.
En examinant les publications virales, un élément saute immédiatement aux yeux, elles ne citent aucune source fiable. Aucun communiqué du ministère tunisien de l’Éducation, aucune note officielle, aucun texte réglementaire ni déclaration publique d’un responsable tunisien ne confirme une réforme de ce type.
Or, un changement aussi important dans le programme scolaire tunisien ne pourrait pas être introduit par une simple rumeur Facebook. Les pages ayant relayé cette annonce se sont contentées d’une formulation vague sans préciser l’origine de l’information.
En réalité, le contenu s’inspire d’une déclaration attribuée au ministre algérien de l’Éducation nationale, Mohamed Sghir Saâdaoui. Celui-ci a évoqué la possibilité d’adopter l’enseignement d’une seule langue étrangère en troisième année primaire, dans le cadre d’une révision des approches pédagogiques.

Le ministre a expliqué que des études spécialisées auraient mis en évidence une difficulté relative chez certains élèves à apprendre deux langues étrangères en même temps, notamment lorsqu’elles présentent des ressemblances au niveau des lettres et de la prononciation. L’idée évoquée serait donc d’enseigner une seule langue étrangère dans un premier temps, avant d’introduire une deuxième langue à partir de la quatrième ou de la cinquième année primaire.
Il s’agit donc d’une réflexion en cours en Algérie, et non d’une décision appliquée, encore moins d’une réforme annoncée en Tunisie.
Ainsi, la publication prétendant que la Tunisie pourrait supprimer l’enseignement du français en troisième année primaire dès la prochaine rentrée est fausse. Aucune annonce n’a été faite par les autorités tunisiennes. L’origine de cette rumeur remonte en réalité à l’Algérie, où le ministre de l’Éducation a simplement évoqué, dans le cadre d’une réflexion pédagogique, la possibilité d’enseigner une seule langue étrangère en troisième année primaire avant d’en introduire une deuxième plus tard.
R.A.












