Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, samedi 18 avril 2026, la cérémonie célébrant le 70e anniversaire des forces de sécurité intérieure, marquée par un discours à forte charge symbolique et politique, axé sur le rôle des sécuritaires, la cohésion nationale et les défis auxquels fait face la Tunisie.
En marge de cette cérémonie, le chef de l’État a procédé à la remise de galons et de décorations à plusieurs cadres et agents des forces de sécurité intérieure, en reconnaissance de leurs services.
Hommage appuyé aux forces de sécurité
Dès l’entame de son intervention, le chef de l’État a insisté sur la continuité des sacrifices consentis par les forces armées militaires et sécuritaires, saluant « des efforts qui ne s’interrompent pas » et une « volonté qui ne faiblit pas » au service de la nation.
Kaïs Saïed a notamment évoqué les récentes intempéries ayant touché plusieurs régions du pays, mettant en avant la mobilisation des unités de la protection civile et des forces de sécurité pour porter secours aux citoyens, parfois « malgré le manque de moyens ». Il a cité des scènes de sauvetage qu’il a qualifiées d’« exemples que l’histoire retiendra ».
« Une nouvelle relation » entre sécuritaires et citoyens
Le président a également insisté sur ce qu’il présente comme une évolution de l’image des forces de sécurité, affirmant que l’agent de sécurité « n’est plus celui qui inspire la crainte », mais qu’il accompagne désormais les citoyens, protège leurs biens et veille à leur sécurité.
Il a mis en avant une forme de « cohésion » entre le peuple et les institutions sécuritaires, évoquant des situations récentes où citoyens et forces de l’ordre ont agi conjointement, notamment dans la poursuite de criminels.
Critiques contre les opposants et les réseaux sociaux
Dans un ton plus politique, Kaïs Saïed a dénoncé ce qu’il a qualifié de tentatives de « semer le doute et le chaos », pointant du doigt certaines mobilisations et publications sur les réseaux sociaux.
Il a évoqué des « campagnes orchestrées » visant à porter atteinte à la stabilité du pays, accusant leurs auteurs de chercher à « transformer l’État en butin et le peuple en otage ».
Le président a également affirmé que ces tentatives restent sans effet, estimant que le peuple tunisien « est conscient des enjeux » et ne se laisse pas influencer par ces discours.
Défense des agents pénitentiaires et rejet des accusations
Le chef de l’État a aussi défendu les agents des prisons et de la rééducation, affirmant qu’ils accomplissent leur mission « dans le respect de la loi et de la dignité des détenus », en réponse à ce qu’il considère comme des « campagnes de désinformation ».
Il a dénoncé des « accusations émanant de parties qu’il accuse de trahison et de collusion », visant selon lui à porter atteinte à la paix sociale.
« Un moment de tri historique »
Enfin, Kaïs Saïed a inscrit la période actuelle dans un « moment de tri historique », marqué par des défis sécuritaires et politiques majeurs. Il a assuré que la Tunisie ne peut répondre à ces défis que par la fermeté, affirmant que le pays « ne peut accepter que la victoire ou le martyr ».
Le président a conclu son discours par une prière pour les martyrs des forces de sécurité et un appel à préserver l’unité nationale et la stabilité du pays.
M.B.Z










