La Tunisie n’est pas à l’abri. C’est le message clair lancé par le Syndicat tunisien des médecins esthétiques (SYTMES), qui tire la sonnette d’alarme face aux dérives grandissantes du secteur, en s’appuyant sur un drame récent survenu en France.
Une jeune femme y a perdu la vie après des complications graves liées à des injections de produits de comblement (filler), pratiquées dans un cadre illégal. Un cas qui, pour le syndicat, illustre un danger bien réel… et potentiellement reproductible en Tunisie.
Dans son communiqué publié samedi 18 avril 2026, le SYTMES rappelle que l’intervention a été réalisée par des personnes dépourvues de toute qualification et autorisation, mettant en lumière les risques majeurs des pratiques clandestines.
Un secteur sous tension en Tunisie
Le syndicat met en garde contre une dérive similaire sur le territoire national. Il dénonce une dérégulation croissante de la médecine esthétique, où des non-professionnels s’approprient des actes médicaux à haut risque.
Car derrière l’apparente banalité des injections esthétiques se cache une réalité autrement plus complexe : ces actes exigent une connaissance fine de l’anatomie et une capacité à gérer des complications immédiates, parfois graves, pouvant entraîner des séquelles irréversibles, voire la mort.
Autorités interpellées, contrôles exigés
Face à cette situation, le SYTMES appelle à une réaction rapide et ferme des autorités.
Le ministère de la Santé est invité à intensifier les contrôles et à fermer sans délai les centres exerçant hors du cadre légal. Le ministère du Commerce est, lui, sommé de resserrer l’encadrement des circuits de distribution de ces produits médicaux sensibles, aujourd’hui accessibles à des personnes non habilitées, sans garantie sur leur origine ni leur qualité.
Le syndicat appelle également la justice à sévir contre toute forme d’exercice illégal de la médecine et toute atteinte à l’intégrité physique des patients.
Un risque sanitaire et un enjeu d’image
Au-delà des cas isolés, le SYTMES pointe un problème structurel : l’absence de coordination entre les différentes parties prenantes, qui laisse le champ libre aux abus.
Un laisser-faire aux conséquences potentiellement lourdes, tant sur le plan sanitaire que sur l’image du pays. Le syndicat insiste : la sécurité des patients ne peut souffrir aucun compromis.
En filigrane, c’est aussi la réputation de la Tunisie en tant que pôle médical régional qui est en jeu. Une crédibilité qui passe par un encadrement strict du secteur et une protection effective des citoyens.
M.B.Z










