Le Conseil présidentiel libyen a demandé au chef du gouvernement d’unité nationale, Abdelhamid Dbeibah, de suspendre Taher Al-Baour de toute mission liée à la représentation extérieure de l’État, dans une nouvelle illustration des tensions institutionnelles autour des prérogatives diplomatiques en Libye.
Dans une correspondance adressée à Abdelhamid Dbeibah, le Conseil présidentiel a considéré que la désignation d’Al-Baour pour gérer les affaires du ministère des Affaires étrangères constitue une mesure « illégale », estimant qu’elle dépasse le cadre administratif pour empiéter sur des prérogatives souveraines.
Un différend sur les compétences diplomatiques
Le Conseil présidentiel a souligné que les usages diplomatiques ne reconnaissent la qualité de représentant officiel de l’État qu’aux responsables disposant d’une base juridique conforme aux procédures en vigueur.
Il a, en outre, mis en garde contre les risques de confusion et de perturbation des canaux officiels de communication extérieure si des missions diplomatiques sont exercées sans compétence légalement établie.
Un contentieux ancien ravivé
Le différend remonte à janvier 2024, lorsque Abdelhamid Dbeibah avait chargé Taher Al-Baour de gérer les affaires du ministère des Affaires étrangères.
Une décision déjà contestée à l’époque par le Conseil présidentiel, qui avait invoqué les dispositions issues du Dialogue politique libyen, lesquelles prévoient une concertation avec le Conseil pour la désignation des ministres de la Défense et des Affaires étrangères.
Nouvelles tensions au sommet de l’exécutif
Cette nouvelle passe d’armes met en lumière la persistance des frictions entre les deux têtes de l’exécutif libyen, notamment sur les questions de souveraineté, de nominations et de partage des compétences, dans un contexte politique toujours marqué par la fragilité institutionnelle.
S.H










