L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a entamé, lundi 20 avril 2026, une séance plénière consacrée à l’examen de seize questions orales adressées au ministre du Transport, Rachid Amri.
Répondant à une question du député Tarak Mahdi, le ministre a affirmé que les dossiers liés au secteur du taxi — notamment l’octroi des licences et la qualité des services — font l’objet d’un suivi attentif de la part de son département.
Il a annoncé, dans ce cadre, la mise en place prochaine d’une plateforme dédiée à l’organisation des cartes professionnelles et à la simplification des procédures administratives relatives aux demandes d’autorisation.
Rachid Amri a également indiqué que le ministère travaille actuellement à la régulation des applications utilisées dans le secteur du transport par taxi.
Un secteur encore secoué par l’affaire des VTC
Ces annonces interviennent dans un contexte marqué par le démantèlement, en mars 2025, de plusieurs plateformes de transport à la demande opérant en Tunisie, dont Bolt, InDrive et Heetch.
Les autorités avaient alors engagé des poursuites pour des faits graves, notamment blanchiment d’argent, fraude fiscale, infractions au code des changes et exercice illégal d’une activité réglementée. Les enquêtes, menées sous la supervision du pôle judiciaire économique et financier, avaient conduit à la saisie d’environ douze millions de dinars, à la fermeture des sièges des entreprises concernées et à leur radiation du registre national des entreprises.
Ces plateformes, largement utilisées par les Tunisiens, opéraient depuis des années dans un flou juridique, en l’absence d’un cadre réglementaire clair encadrant l’activité des véhicules de transport avec chauffeur (VTC).
Taxi et VTC : une cohabitation jamais structurée
À la différence des taxis, soumis à un régime de licences strict et à des tarifs réglementés, les VTC reposent sur des réservations via applications, avec des prix fixés selon l’offre et la demande.
En Tunisie, l’absence de régulation a favorisé des dérives, notamment l’intégration de taxis traditionnels sur ces plateformes, brouillant les frontières entre les deux modèles et contribuant à des distorsions de prix et de concurrence.
La fermeture des VTC a ainsi laissé un vide dans l’offre de transport urbain, tout en relançant le débat sur la nécessité d’un cadre légal clair et adapté aux évolutions du secteur.
Dans ce contexte, la volonté affichée par le ministère du Transport de réguler les applications et de restructurer le secteur des taxis pourrait marquer un tournant, après des années de laisser-faire.
M.B.Z










