Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a publié, ce lundi 20 avril 2026, un communiqué dénonçant une recrudescence « préoccupante » des discours de haine et de racisme dans le traitement médiatique de la migration irrégulière, visant notamment les personnes originaires d’Afrique subsaharienne.
Il a également alerté contre des campagnes de harcèlement visant plusieurs médias indépendants, dont Nawaat, Rosa TV, Rachma et Al-Moufakkira Al-Qanouniya, ainsi que leurs journalistes, pris pour cible à travers des insultes et des accusations de trahison en lien avec leur couverture de la marche nationale contre le racisme.
Appels à la déontologie et mise en garde
Le SNJT affirme documenter ces attaques et préparer des actions juridiques, tout en alertant sur les risques que ces dérives font peser sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes.
Le syndicat critique par ailleurs des pratiques journalistiques jugées de plus en plus sensationnalistes et appelle à un respect strict de la déontologie, ainsi qu’au rejet de tout discours discriminatoire ou incitant à la haine.
Sans citer de noms, le texte du syndicat épingle certaines pratiques journalistiques liées à des positions exprimées sur les réseaux sociaux dans le cadre du débat sur la migration.
Réaction de Wissal Kasraoui
La journaliste Wissal Kasraoui a vivement réagi sur sa page Facebook personnelle, estimant être visée par le communiqué. Elle écrit notamment : « ils ne manquait qu’à mettre mon nom dedans », dénonçant ce qu’elle considère comme une pression exercée sur les journalistes aux opinions critiques sur la présence de migrants irréguliers.

Dans sa publication, elle reproche au syndicat d’adopter, selon elle, une posture de « menace et d’intimidation » envers les journalistes qui ne partagent pas sa ligne pro-occidentale et européenne, estimant que le SNJT chercherait à « réduire au silence » certaines voix dans le débat public.
Elle critique également le fait que des contenus publiés sur des pages personnelles soient assimilés, selon elle, à de l’information journalistique, alors qu’il s’agirait d’un espace privé.
Le SNJT, de son côté, affirme met en garde contre les dérives des discours haineux et la désinformation autour de la migration. Il insiste sur la nécessité de respecter la déontologie professionnelle et de rejeter tout discours discriminatoire.
Le syndicat appelle enfin à la responsabilité de l’ensemble des acteurs médiatiques et politiques, dans un contexte où le débat autour de la migration continue de polariser fortement l’espace public tunisien.
R.B.H










