La chambre du tribunal de première instance de Médenine a rendu, mardi 21 avril 2026, son jugement dans l’affaire du militant des droits de l’Homme et président de l’association « Enfants de la Lune », Abdallah Saïd. À l’issue de la deuxième audience, la juridiction a prononcé une peine d’un an de prison à son encontre. Le ministère public a, dans la foulée, interjeté appel de cette décision.
Un dossier marqué par une longue détention préventive
Cette décision intervient après plus d’un an de détention préventive. Abdallah Saïd est en effet incarcéré depuis le 12 novembre 2024, en lien avec les activités humanitaires menées par son association à Médenine, active notamment dans l’accompagnement social et sanitaire de catégories vulnérables.
Lors de la première audience, tenue en février 2026, le tribunal avait décidé de reporter l’examen de l’affaire au 21 avril, tout en rejetant la demande de remise en liberté du prévenu. Une décision qui avait déjà suscité des critiques, d’autant que plusieurs accusations initiales avaient été abandonnées au fil de la procédure.
Une requalification progressive des charges
Initialement orienté vers le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, le dossier avait finalement été requalifié après que cette juridiction s’en est dessaisie, concluant à l’absence de toute dimension terroriste. Les accusations d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État et de blanchiment d’argent ont, elles aussi, été classées à la clôture de l’enquête.
À ce stade, il ne subsiste qu’une accusation à caractère financier, toujours en cours d’instruction, que la défense estime insuffisante pour justifier la détention prolongée du prévenu.
Un soutien persistant de la société civile
L’affaire continue de mobiliser plusieurs organisations de la société civile. Le collectif contre la criminalisation de l’action humanitaire avait ainsi dénoncé, fin janvier 2026, une privation de liberté jugée arbitraire et contraire aux droits fondamentaux.
Le collectif met en avant le parcours d’Abdallah Saïd, médecin et fonctionnaire au ministère de la Santé depuis plus de trente ans, engagé auprès des personnes en situation de vulnérabilité, notamment les personnes en situation de handicap, les enfants migrants et réfugiés ainsi que les femmes et les mineurs en rupture scolaire.
Il souligne également son rôle à la tête de l’association « Enfants de la Lune » et son implication dans la création de l’espace Dar Al-Jam’iyyat à Médenine, qui a accueilli diverses initiatives sociales et sanitaires, dont des actions de soutien psychologique, des programmes d’autonomisation économique et des activités éducatives.
Une affaire toujours suivie de près
Le dossier d’Abdallah Saïd continue ainsi de susciter des réactions dans les milieux associatifs et des droits humains. L’appel du parquet ouvre désormais une nouvelle phase judiciaire, dans une affaire qui reste au cœur des débats autour du traitement des acteurs de la société civile en Tunisie.
M.B.Z










