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Seif Eddine Makhlouf boycotte la justice et refuse désormais de comparaître

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Par Raouf Ben Hédi

    L’ancien député et avocat Seif Eddine Makhlouf durcit sa position. Dans un message relayé jeudi 23 avril 2026 par son avocat Abdelwaheb Maatar, il annonce son refus catégorique de comparaître à l’avenir devant les juridictions tunisiennes, qu’il considère comme dépourvues d’indépendance.

    Selon son conseil, qui lui a rendu visite à la prison de Sfax, Seif Eddine Makhlouf s’est dit « en colère » après son transfert depuis la prison de Mornaguia vers celle de Sfax, une décision qu’il qualifie d’« arbitraire » et « illégale ». Bien qu’il juge ses conditions de détention actuelles « acceptables », l’ancien parlementaire conteste fermement les circonstances de ce déplacement.

    Mais au-delà de ce transfert, c’est l’ensemble de l’appareil judiciaire que l’ancien député met en cause. Il affirme ne plus reconnaître ni « juges », ni « justice », ni « loi », évoquant une série de dossiers qu’il considère comme fabriqués et dénonçant des « violations » et « dépassements » dans leur traitement.

    Dans ce contexte, Seif Eddine Makhlouf affirme avoir pris une décision « définitive » : ne plus assister aux audiences qu’il assimile à des « simulacres de procès », estimant que sa présence ne servirait qu’à « légitimer » ce qu’il décrit comme une mise en scène judiciaire.

    Il considère par ailleurs que les décisions ayant conduit à son incarcération ainsi qu’à celle d’autres militants relèvent d’« ordres politiques » appelés, selon lui, à disparaître avec leurs causes. Se disant prêt à rester détenu « aussi longtemps que nécessaire », il affirme néanmoins garder espoir quant à un changement de situation « prochain ».

    Un transfert controversé dans un contexte judiciaire chargé

    Seif Eddine Makhlouf a été transféré à la prison de Sfax le 7 avril 2026, après avoir été incarcéré depuis le 18 janvier, à la suite de son extradition depuis l’Algérie.

    Cette détention intervient dans un contexte judiciaire particulièrement dense. L’ancien député a vu, le 31 mars 2026, sa condamnation à cinq mois de prison confirmée en appel dans l’affaire dite de l’aéroport, un dossier remontant à mars 2021, marqué par une altercation avec les forces de sécurité.

    En parallèle, plusieurs autres affaires continuent de le viser. Il a notamment été condamné dans des dossiers liés à des altercations politiques, à des publications sur les réseaux sociaux, ainsi qu’à des faits qualifiés d’atteinte au prestige de la justice militaire, avec à la clé une interdiction d’exercer la profession d’avocat pendant cinq ans.

    Une posture de rupture assumée

    Avec cette prise de position, Seif Eddine Makhlouf franchit un nouveau cap en adoptant une stratégie de rupture totale avec l’institution judiciaire. Une posture qui s’inscrit dans un climat politique et judiciaire tendu, où plusieurs figures politiques et militantes dénoncent régulièrement ce qu’elles qualifient de dérives dans le traitement des affaires les visant.

    R.B.H

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