Les exportations tunisiennes de dattes poursuivent leur progression. Au 10 avril 2026, elles ont atteint environ 108 mille tonnes pour une valeur proche de 705 millions de dinars, selon des données présentées lors d’une audition parlementaire consacrée au secteur.
Une présence renforcée à l’international
Ce résultat s’appuie notamment sur l’élargissement des débouchés à l’export, avec 94 marchés desservis contre 91 lors de la campagne précédente. Les marchés européens continuent de capter la plus grande part des ventes, tandis qu’une amélioration graduelle de l’accès à certains marchés asiatiques est observée.
Ces indicateurs ont été exposés lors d’une séance tenue par la commission des secteurs productifs au sein du Conseil national des régions et des districts, en présence de représentants des ministères de l’Agriculture et du Commerce. Les échanges ont porté à la fois sur l’évaluation de la saison écoulée et sur les perspectives d’ouverture vers de nouveaux marchés.
Une récolte historique
Sur le plan de la production, la campagne 2025/2026 marque un tournant avec un volume estimé à 404 mille tonnes, franchissant pour la première fois le seuil des 400 mille tonnes. La variété Deglet Ennour domine largement avec 347 mille tonnes, contre 57 mille tonnes pour les autres variétés.
Cette performance s’inscrit dans une dynamique globale de croissance du secteur, même si les recettes de la saison 2024/2025 avaient atteint un niveau plus élevé, autour de 857 millions de dinars.
Des défis persistants
Malgré ces résultats encourageants, plusieurs difficultés ont été soulevées, notamment en début de campagne. Les professionnels évoquent des contraintes liées au transport et au stockage, en lien avec certaines procédures administratives, ainsi qu’une baisse des prix à l’export jugée en décalage avec la qualité du produit. Le non-respect des prix de référence par certains opérateurs a également été pointé.
Préparatifs pour la prochaine campagne
En prévision de la saison 2026/2027, plusieurs actions ont été engagées, dont des campagnes de sensibilisation auprès des agriculteurs, des opérations d’entretien des oasis et le suivi de la pollinisation, dont l’avancement varie selon les régions. Les autorités travaillent également à la sécurisation des intrants, notamment à travers la constitution de stocks de soufre liquide et l’acquisition de quantités supplémentaires de moustiquaires.
Les programmes d’amélioration de la qualité portent, par ailleurs, sur le renforcement de la mécanisation, la lutte contre les maladies et l’optimisation des standards de production, avec en parallèle une révision attendue du cadre réglementaire encadrant les mécanismes de soutien.
Un pilier de l’agriculture tunisienne
La filière s’étend sur environ 60.800 hectares, principalement répartis entre les gouvernorats de Kébili, Tozeur, Gafsa et Gabès, avec une progression notable des périmètres irrigués privés.
Au cours de la dernière décennie, la production annuelle moyenne s’établit autour de 319 mille tonnes, dominée par la Deglet Ennour, confirmant le rôle stratégique de la datte dans l’économie agricole tunisienne et ses perspectives de développement à l’export.
M.B.Z










